La Poste : suppressions d’emplois, privatisation…

Samedi 12 décembre 2009, par cclpv // La Poste

Préparant activement la privatisation de l’entreprise publique, la direction de La Poste aura supprimé près de 11.500 emplois en 2009, un chiffre record, après les 7.718 de 2008.

Lors de son audition à la commission économique du Sénat, le 7 octobre 2009, le président de La Poste affirmait « L’entreprise La Poste n’a pas d’objectifs formalisés s’agissant du taux de remplacement des départs en retraite, qui est actuellement de 50 %. Il n’est pas exclu cependant que ce taux évolue... ».
Cette affirmation est doublement inquiétante. D’une part, elle s’appuie sur une contrevérité.

Le taux de remplacement est considérablement inférieur à 50 %, il atteint à peine 25% ! A titre d’exemple, le nombre de départs de La Poste en 2008 s’élevait à 14 998. D’autre part, si ce taux doit encore baisser, les conséquences pour le personnel et la qualité de service seront dévastatrices.

Vers des licenciements économiques ?

Si les licenciements n’ont pas « encore » eu lieu à La Poste, les incitations au départ sont de plus en plus pressantes.
Les chiffres du bilan social 2008 faisaient déjà état d’un profond malaise, avec une progression de 23,38 % des démissions entre 2007 et 2008 (de 2.189 à 2.701) et de 38 % des licenciements (de 1.063 à 1.474).
La transformation de La Poste en société anonyme serait lourde de menaces, notamment pour ce qui concerne les licenciements économiques. Sur cette question, le seul engagement du président de La Poste se limite à la promesse selon laquelle il n’y aura pas de licenciements collectifs économiques jusqu’en 2012 !

La grève nationale du 24 novembre n’a pu être reconduite en dehors de quelques centres.

Le fait que seule la fédération SUD PTT ait appelé à un mouvement reconductible (alors que se joue la privatisation de La Poste !) a sans douté joué sur la mobilisation.
D’ailleurs, cette même difficulté existe au sein du comité national unitaire, qui rassemble syndicats, associations, organisations politiques. La CGT a refusé une manifestation nationale unitaire postier-e-s/usagers, le week-end avant que la loi ne soit votée à l’Assemblée Nationale !

SUD PTT et Solidaires ne baissent pas les bras. Nous agirons encore pour dire notre refus de la privatisation, et pour que la voix des 2,3 millions de participant-e-s à la votation citoyenne d’octobre se fasse entendre.

Extraits de Solidaires en action N° 26
Union Syndicale Solidaires

Répondre à cet article