Châteauroux : les salariés de F2R restent mobilisés

Samedi 24 septembre 2011, par cclpv // F2R

Châteauroux-Diors. Le référé déposé par le comité d’entreprise de F2R, destiné à mettre un terme au transfert de machines vers une usine indienne, a été examiné hier.

Représentants des salariés et de la direction ont opposé leurs arguments, hier, au tribunal de grande instance de Châteauroux devant le juge des référés, pendant plus d’une heure. Les premiers ont dénoncé une délocalisation masquée, quand les seconds ont assuré que les sept machines de moulage en cours de transfert vers une usine indienne du groupe Deltronix, auquel appartient F2R, n’étaient plus utilisées depuis trois ans, et que les liens avec cette unité de production allaient renforcer l’activité du site de Diors.

Pas de quoi rassurer les salariés. Daniel Guiet, défenseur du comité d’entreprise, a plaidé des irrégularités de procédure. La crainte, à terme : la fermeture de l’usine et, à tout le moins, la perte de cent emplois en 2012, sur les 441 actuels (la NR du 14 septembre). « Si les commandes augmentent, Diors, avec moins de machines, ne pourra pas répondre et donc, il y aura de mois en moins de travail. On ne peut pas délocaliser sans respecter le droit du travail. Il faut consulter le CE, et celui-ci doit émettre un avis. »

Spécialiste du droit des affaires, l’avocat parisien des dirigeants de F2R, Jean Néret, a, quant à lui, tenté de démontrer la bonne foi de la direction, assurant que la législation avait été suivie à la lettre, et affirmant la volonté du groupe indien de faire de l’usine de Diors « une tête de pont européenne ». « Il y a eu vingt et une réunions de CE, l’an dernier. Tout a été expliqué. En juillet, un document de quarante-cinq pages de questions-réponses, a été fourni ; on peut difficilement penser qu’il y a eu un manque d’information. » L’ordonnance sera rendue le 5 octobre.

Manifestation à Poitiers

Au même instant, à Poitiers, près de quatre cents personnes manifestaient dans les rues du centre-ville à l’appel de l’intersyndicale de l’entreprise Fonderie de Poitou Alu d’Ingrandes (banlieue de Châtellerault). Après une opération escargot sur la RN 10 depuis Chasseneuil-du-Poitou, dans la matinée, les fondeurs ont rejoint la préfecture puis la place Leclerc, réclamant toujours le retrait du plan de compétitivité de la direction du groupe Montupet, qui se traduirait par une baisse des salaires de 25 %. Des représentants de l’intersyndicale ont rencontré en début d’après-midi le préfet de la Vienne et l’ancien Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin. De plus, des représentants nationaux de la CGT ont annoncé un « rassemblement national de la filière automobile », jeudi 29 septembre, sur le site Montupet, à Diors.

La nouvelle république - 23 septembre 2011

- Cent emplois menacés à la Française de roues  : La nouvelle république du 14 /09/2011

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