Still-Saxby : après la séquestration, la fuite

Samedi 24 septembre 2011, par cclpv // Still

Séquestrés jeudi soir, les dirigeants de Still-Saxby, à Montataire, ont refusé de revenir négocier dans l’usine, hier matin. Les salariés se sentent trompés.

Le directeur de Still-Saxby, Jérôme Chevillotte, n’est pas prêt de remettre les pieds dans son bureau. « Il n’a plus rien à faire sur le site, s’il vient, on le met dehors », lance Jean-Michel Mlynarczik, délégué du personnel.

Plus que jamais, la tension est palpable autour de cette usine de Montataire (Oise), spécialisée dans la fabrication de chariots élévateurs. L’annonce de la fermeture du site pour 2012, tombée le 5 juillet dernier, a créé un vrai traumatisme.

Démobilisés, les salariés ont abandonné les chaînes de production et se battent désormais sur le montant d’une prime de retour au travail. Mais les négociations, qui devaient reprendre hier matin, ont achoppé.

Les salariés voulaient discuter dans leur usine. La direction, elle, sur les conseils du préfet de l’Oise, avait choisi l’hôtel de ville, un lieu plus neutre, et surtout, plus sûr. Jeudi soir, en effet, le directeur de l’usine et le dirigeant allemand de Kion, propriétaire de Still-Saxby, ont été retenus quelques heures par les salariés, mécontents de la tournure des négociations.

« Les voyous, c’est eux. Il ne nous respectent pas »

Une semaine après la séquestration de cinq dirigeants d’Alcan, à Ham (Somme), un nouvel épisode du genre risquait sûrement de faire désordre. Mais contrairement aux promesses du sous-préfet de Senlis Louis-Michel Bonté, les négociations n’ont pu reprendre.

« Sous-préfet menteur ! », « On n’aurait pas dû les laisser partir », scandaient hier matin les ouvriers de l’usine, en route pour l’hôtel de ville où ils pensaient demander des explications à leurs dirigeants.

Lesquels avaient déjà pris la poudre d’escampette, direction la sous-préfecture. « Les voyous, c’est eux, enrage Jean-Michel Mlynarczik. Non seulement ils nous mettent dehors mais, en plus, ils ne nous respectent pas. »

Le sous-préfet, lui, estime ne pas avoir manqué à ses promesses. « L’essentiel, c’était que la rencontre se tienne, peu importe le lieu. »

Aujourd’hui, une manifestation de soutien, à laquelle est conviée la population, se déroulera à 11 heures au départ de l’usine. Quand aux négociations, elles sont suspendues.

« La direction est prête à négocier, mais dans des conditions sécurisées », indique la chargée de communication du groupe. Ce devrait être le cas.

Le courrier picard - 24 septembre 2011

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