L’Etat lâche les Sealynx

Dimanche 18 septembre 2011, par cclpv // Sealynx

CHARLEVAL. La promesse d’inclure les volontaires au départ dans le dispositif du Fonds national de l’emploi ne sera pas tenue. 30 salariés sont sur le carreau.

En mai dernier, l’équipementier automobile Sealynx , spécialisé dans les joints d’étanchéité et implanté à Charleval, a été repris par Ruia Group avec un plan de licenciement. Pour inciter les salariés à quitter l’entreprise (Ruia ne reprenait que 488 des 712 salariés), l’Etat, par la voix de la préfète de l’Eure, s’était engagé à faire bénéficier les volontaires du Fonds national de l’emploi. Trente-quatre salariés avaient adhéré à la proposition. La semaine dernière, le ministère du travail a annoncé que seulement quatre personnes pourraient profiter de cette mesure particulièrement avantageuse. Une rétractation qui plonge la vallée de l’Andelle dans la colère et l’écoeurement.

Surprise, colère et écœurement.

Trois sentiments qui depuis quelques jours inondent la vallée de l’Andelle. Le ministère du Travail qui, par la voix de la préfète de l’Eure, Fabienne Buccio, s’était engagé en avril dernier à ce que les salariés de Sealynx bénéficient du Fonds national de l’emploi (FNE), est revenu sur sa promesse.

Seulement quatre des trente-quatre personnes, qui ont accepté de quitter l’entreprise parce qu’elles étaient censées être concernées par cette mesure, seront incluses dans le dispositif.

« C’est dramatique, commente Jacques Poletti, conseiller général du canton de Fleury-sur-Andelle qui, conjointement avec le président de l’assemblée départementale, dénonce « la rétractation du gouvernement. On n’a jamais vu l’Etat se dédire comme ça. C’est vraiment n’importe quoi. Ça met tout le monde dans une situation intolérable, y compris ceux qui ont incité les salariés à partir car le FNE est un dispositif favorable. Certains licenciés qui ont travaillé quarante ans pourront prétendre à une « carrière longue » mais c’est bien moins avantageux. Si ces trente salariés restent sur le carreau, ils n’auront comme perspective que l’allocation chômage, voire le RSA, en attendant la retraite, tout en cherchant un emploi pendant plus d’un an. »

Dans leur communiqué commun, Jean Louis Destans et Jacques Poletti déplorent « un véritable gâchis humain et industriel » et demandent à l’Etat « de tenir les engagements pris lors des concertations et réunions ».

Pour les syndicats de l’entreprise, la nouvelle a été « le choc de la rentrée. Le FNE était une bonne solution pour quitter la piste après toute une vie passée sur une chaîne, affirme Olivier Martin, délégué du syndicat « maison », Coordination démocratique des travailleurs de Metzeler (l’ancien nom de Sealynx). C’est écœurant que le gouvernement s’en prenne aux plus fragiles. Nous nous sommes immédiatement tournés vers notre nouvelle direction pour lui demander de reprendre dans les effectifs les laissés-pour-compte. Mais il faut que l’activité de l’entreprise suive et c’est compliqué. Même si aujourd’hui, on compte quelque soixante intérimaires sur le site ».

Franck Gilard, député de la circonscription, attend la fin de semaine, « le temps d’étudier les problèmes techniques et juridiques avec les différentes administrations concernées » et rappelle qu’il a « porté à bout de bras ce dossier avec la préfète. Je ne vais pas lâcher les salariés de Sealynx maintenant et je veux trouver une solution pour les trente-quatre familles ».

Quant à la préfète de l’Eure, elle « ne souhaite pas s’exprimer pour le moment sur ce dossier ».

Paris Normandie - 15 septembre 2011

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