PSA : débrayage de l’usine d’Aulnay et manifestation à Valenciennes

Vendredi 8 juillet 2011, par cclpv // PSA

Ce jeudi 7 juillet était une journée d’action pour les salariés de PSA Peugeot Citroën confrontés à une menace de fermeture des sites d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) et de Sevelnord (Nord).

A Aulnay , qui produit actuellement la Citroën C3 et où 3 600 salariés travaillent, environ 600 salariés ont débrayé pendant une heure, de 8 h 30 à 9 h 30. "Toute l’usine a été à l’arrêt complet, tous secteurs confondus", a déclaré Jean-Pierre Mercier, délégué CGT. Les salariés de l’équipe du soir sont également appelés à cesser le travail jeudi entre 16 h 50 et 17 h 50.

La centrale souhaite obtenir un "engagement devant le gouvernement et les syndicats" : "Nous nous sommes donné rendez-vous en septembre pour exiger des garanties écrites de la part de PSA pour maintenir l’emploi jusqu’en 2016", a indiqué Jean-Pierre Mercier. Lors d’un comité paritaire stratégique, représentants syndicaux et direction se rencontreront le 19 juillet prochain pour évoquer le sort de l’usine.

Début juin, la CGT a révélé un document interne, datant d’août 2010, qui évoquait une fermeture d’Aulnay courant 2014. Selon la note confidentielle, une partie de la production serait transférée dans le site voisin de Poissy, dans les Yvelines, tandis qu’une autre partie serait délocalisée dans un pays "low cost".

"L’état d’esprit des salariés, c’est de ne pas se laisser faire, a dit Jean-Pierre Mercier. Toutes les déclarations qui se sont succédé, de [Philippe] Varin [président du directoire de PSA], [Eric] Besson, [François] Fillon, ne les ont pas rassurés car ce sont des promesses orales." Mardi soir, selon un communiqué de la présidence de la République, Philippe Varin a assuré lors d’un entretien avec Nicolas Sarkozy que son groupe "n’examine pas de projets de fermeture de site en France".

10 000 PERSONNES POURRAIENT ÊTRE TOUCHÉES À SEVELNORD

En parallèle, environ 1 200 personnes, selon les organisateurs, ont défilé jeudi matin à Valenciennes à l’appel de la CGT pour protester contre les délocalisations industrielles et le projet supposé de fermeture du site de Sevelnord d’Hordain, qui compte 2 800 salariés et fabrique des monospaces et des utilitaires. Les salariés et des sous-traitants avaient été appelés à débrayer deux heures pour participer à la manifestation.

"Il s’agit de marquer le terrain et réaffirmer notre position de fond, c’est-à-dire le maintien et le développement de l’outil et la projection d’un nouveau véhicule sur les chaînes de Sevelnord pour 2014", a indiqué Jean-Pierre Delannoy, responsable CGT Nord - Pas-de-Calais.

Selon lui, la mobilisation a été notamment forte chez les petits équipementiers. "Les salariés des PME-PMI sont très réactifs parce qu’ils savent que d’ici la fin de l’année il y a un risque très important pour le site. Entre 10 000 et 11 000 personnes pourraient être impactées", selon M. Delannoy.

Toujours selon la note confidentielle dévoilée par la CGT, deux options auraient été examinées par la direction concernant ce site : fermer le site avec la reprise de l’activité par l’usine de Vigo, en Espagne, ou par une nouvelle unité dans un pays où la main-d’œuvre est moins chère, et maintenir la production avec le soutien financier de l’Etat.

Le Monde (avec AFP) - 7 juillet 2011

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