Fagor Brandt Lyon : les salariés demandent des garanties pour leur avenir

Lundi 14 février 2011, par cclpv // SITL/Fagor Brandt

L’usine Fagor Brandt de Lyon fabrique les machines à laver à chargement par le dessus pour les marques Brandt, Vedette, Fagor, Thomson et Bosch, avec 560 salariés et plus d’une cinquantaine en sous-traitance.

Les fabrications des 5 usines françaises de Fagor Brandt, 1er Groupe français du gros électroménager, sont petit à petit délocalisées depuis 2006 : à Lyon, la production a été divisée par 3, les 3/4 des lave-linge vendus en France par Fagor sont fabriqués en Pologne. Fagor a annoncé le démontage de la moitié des installations d’assemblage du lave linge l’été prochain et l’arrêt total de la production d’ici 2014. Cette délocalisation est une aberration sociale et environnementale.

Fagor a annoncé la vente de l’usine début avril 2011 à P. Millet, qui créerait une société pour industrialiser de nouveaux produits (filtres d’assainissement et voitures électriques) et faire de la sous-traitance (en chaudronnerie, en maintenance de batteries et de machines tournantes et en assemblage de sous-ensembles photovoltaïques).

L’expert du Comité Central d’Entreprise a conclu son rapport sur le projet par :
« Cela nous amène à formuler 2 alternatives pour répondre au insuffisances du projet de réindustrialisation :
- Premièrement, le groupe coopératif Mondragon, qui est déjà très diversifié, doit assumer pleinement sa responsabilité sociale. Nous proposons que les projets soient directement portés par Mondragon et intègre les nouvelles orientations du Groupe, qui visent notamment des développements autour des véhicules électriques. Cela a d’autant plus de sens que Fagor Brandt ne peut se passer dans l’immédiat de la production de lave linge Top. (…)
- Deuxièmement, au minimum, nous proposons la mise en place d’un dispositif de garantie financière supporté par Fagor Brandt. Il financerait une Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences permettant d’adapter dans le temps les effectifs et ainsi de répondre aux incertitudes économiques et juridiques du projet. »

Au CCE du 8 février, une lettre a été remise au Groupe Fagor. Elle est signée par plus de 210 salariés de l’usine de Lyon (sur environ 420 présents et directement concernés par la vente partielle du site) :

Pour notre emploi et nos droits sociaux, nous vous demandons un engagement écrit sur :
- la poursuite de la fabrication de lave-linge et pas de démontage des installations tant qu’il n’y a pas de nouvelles machines faisant travailler les personnes concernées,
- que personne ne soit licencié parce-qu’il ne peut pas suivre une formation, changer de métier, d’horaire ou de lieu de travail (donc que chacun se voit proposer un choix et des possibilités réelles de reconversion),
- le maintien de l’ensemble des droits sociaux (statut social, mutuelle, 5 lignes de bus, prévoyance, même niveau de subvention au CE, accords collectifs en vigueur, etc).

Pour garantir notre avenir, que le Groupe Fagor réindustrialise lui-même l’usine.

Suite à l’engagement de Fagor de verser 3 millions au repreneur en cas de plan de licenciements, 60% des élus du CCE ont donné un avis favorable à la vente de l’usine de Lyon. Les élus CGT et CFTC ont expliqué leur opposition par le rejet de la délocalisation, le manque de garanties du projet, donc la menace qui pèse sur l’emploi, et le refus de Fagor de réindustrialiser lui-même le site. La CGT poursuivra son action pour le maintien de tous les emplois et droits sociaux.

Pour contacter la CGT : cgt.brandt.lyon@orange.fr

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