Fermeture de l’usine Fralib : le tribunal renvoie Unilever dans les cordes

Mercredi 9 février 2011, par cclpv // Fralib

Le groupe Unilever s’est vu ordonner par le juge des référés du TGI de Marseille de reprendre à zéro son projet de fermeture de l’usine Fralib de Gémenos (Bouches-du-Rhône), avec interdiction de mettre en oeuvre son plan de sauvegarde de l’emploi, en raison d’"irrégularités manifestes", selon un jugement dont l’AFP a eu copie lundi.

Voyant "de la désinvolture, sinon de la maladresse" dans l’attitude du géant anglo-néerlandais de l’agroalimentaire et des cosmétiques, ainsi qu’un "argumentaire indigent", le juge, saisi par le comité d’entreprise (CE) de Fralib, n’a pas mâché ses mots envers l’employeur des 182 salariés qui luttent depuis près d’un an contre la fermeture du site.

Pour justifier sa décision, la direction de Fralib a fait valoir que l’usine de Gémenos, la seule en France à produire les thés Lipton et les infusions L’Elephant, était le moins compétitif des quatre sites européens d’Unilever dans cette branche d’activités, en assurant 5,1% du volume total de production pour 27% des coûts, chiffres répétés à plusieurs reprises.

"La mise en parallèle des volumes mis en oeuvre dans la branche et du pourcentage du coût d’exploitation n’a en elle-même aucun sens. Son emploi dans un document inaugural à une consultation dont l’enjeu est la fermeture d’un site employant 182 salariés, relève de la désinvolture, sinon de la maladresse", a estimé le juge dans sa décision du 4 février, dénonçant une "carence" d’informations au préjudice du CE.

Le tribunal a également relevé que le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) présenté par Fralib était "dépourvu de toute indication qui permette de connaître les moyens dont cette société, et au-delà d’elle la branche et le groupe Unilever, est en mesure de consacrer au reclassement de ses salariés".

Entachée "d’irrégularités manifestes", la procédure conduite par Fralib devra donc être recommencée à son début, "notamment en communiquant au comité d’entreprise toutes les données utiles à apprécier la dérive de la compétitivité de Fralib telle qu’elle est alléguée", a ordonné le juge, en interdisant à la société de mettre en oeuvre le PSE "litigieux".

Le syndicat CGT s’est félicité de ce "premier et grand succès qui en appelle d’autres".
La direction de Fralib a souligné qu’elle entendait "mener le projet à terme" et que "de nouvelles réunions permettront d’en réexpliquer plus en détail le caractère inéluctable".

AFP 07/02/2011

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