Xavier Mathieu convoqué au tribunal

Vendredi 18 février 2011, par cclpv // Continental

Audience reportée au 3 mai 2011, à 8h30 au Tribunal de Compiègne (Oise)

Le très médiatique leader de Continental refait parler de lui. Xavier Mathieu sera jugé le 8 mars prochain pour avoir refusé de donner son ADN en juillet dernier. Il encourt un an de prison ferme et 15000 € d’amende.

« Le commissariat m’avait convoqué à la suite du saccage de la sous-préfecture de Compiègne, le 21 avril 2009. Ils m’ont demandé mon ADN, j’ai refusé, rappelle-t-il. Je ne veux pas être fiché parmi les violeurs et les tueurs. Je ne suis pas un criminel. Je suis un ouvrier blessé, trahi, comme il en existe tant en France. C’est normal d’avoir la haine après ce qui nous est arrivé, à moi et à mes 1120 camarades. »
Xavier Mathieu pensait que la justice allait le laisser tranquille, elle le rattrape une nouvelle fois. « J’ai été condamné pour le saccage, c’est bon, ça suffit. Je ne vais pas passer ma vie dans les tribunaux. Cette loi est profondément injuste car n’importe qui peut se retrouver dans mon cas. » La loi, qui date du 18 juin 2003, peut obliger, ou presque, n’importe quel individu poursuivi par la justice à se soumettre à un test ADN. Cela va de l’infraction à caractère sexuel au crime contre l’humanité en passant par des actes de terrorisme.

Mais elle s’applique aussi à des délits plus mineurs comme les violences, les vols ou les dégradations. « C’est du flicage, dénonce le syndicaliste. Un voleur de cyclo peut se retrouver fiché au même titre qu’un pédophile. La loi peut m’obliger à me soumettre à un test ADN, mais j’ai le droit de refuser. Je savais que je m’exposais à une sanction, mais je ne pensais pas que la procureure de la République de Compiègne me poursuivrait, car elle pouvait choisir de ne pas le faire. »

France 2 diffusera, le 10 février à 22h25, un reportage intitulé « Dans le secret des licenciements », dans lequel sera évoquée l’action de 39 ouvrières de l’usine Continental de Rambouillet qui ont attaqué leur employeur pour licenciement abusif. Rappelons que 566 ex-salariés de l’usine Continental de Clairoix ont, eux aussi, déposé un dossier aux prud’hommes.

Le Parisien (édition Oise) 07/02/2011

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