Faute de commande de Renault et PSA, l’équipementier Sealynx s’est déclaré en cessation de paiements

Lundi 6 décembre 2010, par cclpv // Sealynx

Les évènements se précipitent chez l’équipementier Sealinx Automotive qui emploie 810 salariés en France dont 730 à Charleval (Eure) dans la vallée de l’Andelle : alors qu’un plan de restructuration était sur le point d’être mis en oeuvre, la direction s’est déclarée ce matin en cessation de paiements. Les comptes ont été déposés au tribunal de commerce de Nanterre (Hauts-de-Seine) dont dépend l’entreprise. L’avenir immédiat de Sealynx qui fabrique des joints d’étanchéité se décidera au cours d’une audience prévue mardi en présence de deux représentants des salariés. Les juges consulaires devraient placer l’équipementier en redressement judiciaire et nommer un administrateur provisoire qui aura pour première tache de payer les salaires de novembre.

Ce dépôt de bilan survient moins de deux mois après l’annonce de ce énième plan de restructuration qui prévoyait la suppression de 257 emplois sur le site de Charleval et la fermeture de l’autre usine française du groupe qui emploie 80 salariés à Villers-la-Montagne (Meurthe-et-Moselle). Selon les syndicats, ce plan n’avait pas commencé à être appliqué et devient "caduc" avec la déclaration de cessation de paiements. "Aujourd’hui nous sommes dans le flou complet et il faut s’attendre de toute façon, à de la casse sociale", prévient Virginie Grosso, déléguée FO.

Devant les élus du personnel, la direction a indiqué jeudi qu’elle entamait cette procédure en raison d’un volume de commandes insuffisant. Selon les syndicats, Renault et PSA qui sont les principaux clients de Sealynx n’ont pas tenu des engagements pris en 2007 au moment de la reprise de cet équipementier par ses cadres dirigeants. "Ils devaient augmenter leurs commandes et n’ont pas tenu parole", a affirmé Virginie Grosso. Vendredi matin, le syndicat CGT a d’ailleurs disposé devant l’usine une grande pancarte mettant en cause directement les constructeurs : "Renault et PSA responsables du massacre des emplois en France et chez Sealynx (…) respectez vos engagements cessez d’utiliser l’argent public pour délocaliser". Selon une source proche du dossier, les constructeurs devaient prendre 30 M€ de commandes supplémentaires (23 M€ pour Renault et 7 M€ pour PSA). Cela aurait permis de porter le chiffre d’affaires "à l’équilibre" c’est-à-dire autour de 80 M€ alors qu’il devrait tomber à 55 M€ en 2010. En réalité, depuis la crise, ces constructeurs n’ont pas apporté de nouveaux modèles à Sealynx. Quant au Fonds de modernisation des équipementiers automobiles (FMEA), il a renoncé ces derniers jours à voler au secours de l’équipementier au motif qu’un sauvetage serait trop coûteux.

Le scénario de sortie de crise n’est pas écrit sauf sur un point : le personnel devrait être le premier à en faire les frais. Reprise par un industriel ? Intégration dans le nouveau pôle de joints d’étanchéité constitué autour La Barre Thomas et Cooper France ? Reconfiguration autour des trois usines récentes construites par Sealynx au Maroc, en Tunisie et en Roumanie où travaillent déjà près de 400 salariés ? Mais dans tous les cas, les cartes sont entre les mains de l’Etat et des constructeurs.

Drakkar Online 06/12/2010

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