Les salariés de Molex ouvrent le cortège de Toulouse

Jeudi 28 octobre 2010, par cclpv // Molex

Les ouvriers de l’usine Molex sont une centaine à avoir pris la tête de la manifestation toulousaine du 28 octobre qui compte 120 000 personnes (selon les syndicats, 15.000 d’après la préfecture de Haute-Garonne).

La divulgation des énormes bénéfices enregistrés par le groupe Molex et l’augmentation des dividendes versés aux actionnaires suscitent des réactions indignées.

Souvent brandi haut et fort par les salariés de l’usine de connectique de Villemur-sur-Tarn, le terme de patrons voyous a pris, hier, toute sa dimension. L’équipementier automobile, qui a annoncé voilà quinze jours la mise en liquidation judiciaire de l’entreprise haut-garonnaise, et son refus de financer le plan social a soulevé une fois de plus l’indignation en faisant état de chiffres honteux.

Le groupe annonce en effet avoir réalisé un chiffre d’affaires de 897,7 millions de dollars en 2009 et augmenté de 14,8% les dividendes versés à ses actionnaires. Une nouvelle qui a suscité de vives réactions parcequ’elle relate aussi une hausse de 33 %, sur un an, soit un bénéfice net de 75,1 millions d’euros ! Et ce, alors même que le groupe a n’a eu de cesse d’évoquer depuis le début « des difficultés financières », « des circonstances économiques alarmantes », et parfois même « une anticipation de la baisse de la productivité ! ».

Mépris et cynisme

Au début du mois, Molex n’avait pourtant eu aucun scrupule à « punir » les salariés qui avait saisi le tribunal des prud’hommes pour contester leurs licenciements. Pour 19 d’entre eux, salariés protégés, Molex avait stoppé le paiement des salaires, celui des indemnités annoncées, et mis un terme au fonctionnement de la cellule de reclassement.

Ces agissements avaient été dénoncés, jeudi dernier, à Toulouse, par le ministre de l’Industrie, Christian Estrosi lors de sa venue même si ce dernier avait laissé salariés, élus et membres du comité de suivi sur leur faim en ne donnant finalement que peu de réponses face aux nombreuses attentes... Hier, le ministre a de nouveau fait une annonce déclarant avoir « immédiatement appelé les constructeurs automobiles français Renault et PSA à cesser de travailler avec Molex ».

Il a également évoqué de nouveau la possibilité d’une « plainte pour contraindre ce dernier à continuer de financer le plan social ». Pour Pierre Izard, président du conseil général de Haute-Garonne, l’affaire ne peut en rester là : « Plus que jamais la vérité et la justice doivent prendre le pas sur le mensonge et l’iniquité affichés par les dirigeants de Molex », a-t-il déclaré. Martin Malvy, président de région, a de son côté estimé que les annonces faites par Molex étaient « indécentes et scandaleuses.

Elles sont la traduction sans pudeur d’une évolution d’une économie mondiale de plus en plus dominée par l’obsession de la rentabilité du capital à des taux d’usure, au mépris des salariés ». Denis Parise, représentant les salariés s’est dit « dégoûté mais pas étonné. On a toujours su que Molex dégageait beaucoup de bénéfices ». Ce qu’appuie maître Denjean, avocat des salariés, par cette conclusion : « Tout le monde voit là que le problème n’est pas que Molex ne peut payer, mais que Molex ne veut pas le faire ».

Liquidation : jugement le 4 novembre

A Paris mardi, le comité de suivi a rencontré le président du triubunal de commerce sur la question de la mise en place d’un liquidateur judiciaire. Le jugement a cepdendant été mis en délibéré au 4 novembre, date à laquelle on saura si la société est effectivement en liquidation. Ce n’est à ce jour pas le cas. « De nôtre côté, nous continuons à croire que cet acte n’est pas justifié, qui plus est, après les chiffres qui viennent de tomber qui sont d’un cynisme éloquent », a déclaré Maître Denjean, avocat des salariés.

La Dépêche 28/10/2010

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