L’équipementier Sealynx va supprimer 257 emplois à Charleval (Eure)

Jeudi 14 octobre 2010, par cclpv // Sealynx

Principal employeur de la vallée de l’Andelle dans l’Eure, l’usine Sealynx de Charleval se retrouve à nouveau dans l’oeil du cyclone.

La direction a annoncé vendredi aux représentants du personnel de cette usine la suppression de 257 emplois sur 736 dans le cadre d’une vaste restructuration qui comprend aussi la fermeture de l’unité de Villers-la-Montagne (Meurthe-et-Moselle) où travaillent 70 personnes.

Sealynx qui fabrique des joints pour l’automobile a vu son carnet de commandes s’effondrer avec la crise. "La production a chuté de 40 à 50 % et malgré un rebond technique ces trois derniers mois, nous sommes très loin du niveau d’activité de 2007", dit un porte-parole de la direction. Le chiffre d’affaires qui atteignait les 108 M€ cette année-là est tombé à 67 M€ en 2009 et pourrait se retrouver sous la barre des 60 millions en 2010. Les pertes accumulées s’élèvent à plusieurs dizaines de millions d’euros et l’entreprise était ces dernières semaines au bord de la cessation de paiement, selon une source proche du dossier.

Et pourtant Sealynx n’a pas manqué d’aides publiques ces derniers mois, pour financer du chômage partiel, des formations ou encore des allègements de charges.

De leur côté, les syndicats de l’usine de Charleval qui a compté jusqu’à 1.800 salariés dénoncent une délocalisation de la production vers les sites étrangers du groupe, situés au Maroc, en Tunisie, en Roumanie et en Russie. Ils vont chercher à négocier les meilleures conditions de départ pour les salariés concernés par ce plan qui doit s’opérer dans un premier temps sur la base du volontariat.

L’accompagnement et les indemnités seront plus conséquents pour les salariés qui choisiront une telle transaction. Pour Villers la Montagne, 18 postes pourraient être transférés à Charleval et une dizaine d’autres sauvés dans une petite activité d’extrusion qui va être mise en vente.

Cette restructuration est un revers pour les cadres emmenés par Alain Urbain qui ont repris Sealynx au fonds écossais CVC en 2007 après l’application d’un lourd plan social qui a conduit à la suppression de 310 emplois à Charleval.

Pour relancer une entreprise fragile, la nouvelle équipe a tenté de mettre en oeuvre une stratégie de "bi-localisation" entre la France et les pays "low cost". Mais elle a vite été rattrapée par la crise qui a fortement affecté le secteur automobile dès le début 2008.

Ces nouvelles difficultés confirment que le secteur des joints pour l’automobile est véritablement sinistré en France. Déjà, fin août Cooper standard et la Société des polymères Barre Thomas (SPBT) avait annoncé leur intention de fusionner leurs activités. Ce rapprochement devrait se concrétiser dès 2011 au prix de la fermeture de l’usine Cooper Standard de Bolbec (Seine-Maritime) qui emploie 316 salariés.

Drakkar Online 12/10/2010

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  • CONCERT SOLIDAIRE POUR LES SALARIES DE SEALYNX 15 janvier 2011 23:55, par Equivox

    Concert de soutien aux salariés de l’entreprise Sealynx

    LE CONCERT EST GRATUIT

    Le vendredi 28 janvier

    à 20h30

    à la salle Charles IX
    87 Grande Rue
    à Charleval

    Le concert sera suivi d’une table ronde "L’entreprise Sealynx, un des moteurs essentiels de l’économie dans la Vallée de l’Andelle. Et demain ?"

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