La CGT de Calaire Chimie refuse toujours le plan social portant sur 51 postes

Samedi 9 octobre 2010, par cclpv // Calaire Chimie

Le syndicat majoritaire CGT refuse toujours le plan social annoncé en avril. La direction précisait à l’époque que l’usine calaisienne, spécialisée dans la fabrication de produits destinés à l’industrie pharmaceutique, avait fait face en 2009 à une diminution de 52 % de son chiffre d’affaires.

Elle justifiait ainsi le plan social, toujours en discussion actuellement. Le comité d’entreprise s’oppose à la suppression des 51 postes envisagés, sur 251 emplois. Le secrétaire CGT du CE estime que la diminution d’effectif serait notamment préjudiciable à la sécurité, ce que récuse la direction. « Les règles et les procédures sont scrupuleusement respectées », durant la période de chômage partiel actuel. Le comité d’hygiène et de sécurité doit se prononcer sur ce point à la fin du mois.

- Patrick Salingue le dit et le répète : « Il est hors de question d’accepter 51 licenciements. C’est notre combat depuis le début ».

Pour le leader CGT de Calaire Chimie, le plan social lancé en avril dernier, et portant sur 51 suppressions de postes, reste donc « inacceptable. Et ce n’est pas une question d’argent. Notre conception du syndicalisme, ce n’est pas "la direction nous donne un chèque, et puis merci". Ce que nous voulons, c’est défendre la pérennité du site ».

À ce titre, Patrick Salingue estime que la direction est coupable de n’avoir pas anticipé la perte de clientèle qui justifie le plan social aux yeux de l’entreprise. « Nous avons perdu un client qui représentait 49 % du chiffre d’affaires. La direction le savait depuis 2005. Elle a fait une erreur de stratégie par manque d’anticipation », estime Patrick Salingue.

Pour autant, rien ne justifie les 51 licenciements envisagés. « Le chiffre d’affaires du groupe Tessenderlo », dont dépend Calaire, « a augmenté de 21,7 % au premier semestre et 20 millions d’euros ont été redistribués aux actionnaires ». Par ailleurs, « le groupe a été condamné à 83 M E sur trois ans pour entente illicite sur des marchés. Quand on compare cette somme au soi-disant million d’euros que l’usine de Calaire perdrait par mois... ».

Le plan social, la CGT le refuse donc, en considérant surtout qu’il ne pourrait être viable. « Réduire de 20 % les effectifs, et passer de 24 personnes par poste à 18, ce n’est pas possible compte tenu de nos spécialités ». Les salariés ne sont pas interchangeables, sauf au détriment de la sécurité, note Patrick Salingue, qui précise que le comité d’hygiène et de sécurité (CHSCT) doit rendre un rapport sur le sujet à la fin du mois. En regrettant que les autorités et les politiques « se désintéressent de notre usine », Patrick Salingue réclame une table ronde avec la direction du groupe, avec la conviction que, même en l’absence de plan FNE, il est possible de trouver une solution pour 24 salariés âgés de 55 à 61 ans.

Ce point sera sans doute évoqué lors d’un nouveau comité d’entreprise, lundi. En attendant, Alain Laconi, chef d’établissement, et François Mevel, directeur des ressources humaines, indiquent que la réduction d’effectifs ne serait nullement préjudiciable à la sécurité. « Notre personnel est très formé, et les opérateurs sont d’une grande polyvalence. Ce ne sont pas des apprentis. La réduction d’effectifs ne remet pas en cause des règles et procédures très strictes. S’agissant d’une formule possible pour les 55-61 ans, nous n’avons aucune solution », explique la direction, en indiquant que la situation économique ne permettrait pas de financer de préretraite.

La Voix du Nord 09/10/2010


La CGT agite le spectre du risque industriel

La CGT de Calaire Chimie affirme ne pas négocier les primes supralégales, mais se battre pour que les emplois soient maintenus à l’identique. Faute de quoi, disent les délégués du personnel, on fera prendre un grand risque au personnel, au site et à ses alentours.

« La CGT ne veut pas de chèque » assène Patrick Salingue, « le seul chèque que nous voulons, c’est celui de la paie à la fin du mois. » Les représentants de Calaire Chimie se défendent donc de négocier la prime supralégale. Ce que la CGT veut, c’est le maintien de deux cent cinquante emplois à l’identique. On le rappelle, un Plan de Sauvegarde de l’Emploi en cours de négociation chez Calaire prévoit la suppression de cinquante et un postes.

Outre le souci de garder des emplois industriels sur le Calaisis, la CGT de Calaire Chimie estime qu’« il n’est pas évident qu’un effectif réduit de 20 % puisse assurer la pérennité du site et sa sécurité, ainsi que la sécurité de son personnel et de l’extérieur. » La sécurité n’est pas un volet anodin de ce PSE puisque le site est classé Seveso. D’après le récit de Patrick Salingue, la direction de Calaire Chimie se l’est vu rappeler à ses dépens, alors qu’elle avait omis d’associer le CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) aux travaux du PSE. Depuis le CHSCT, comme la loi l’autorise, a nommé un expert pour se pencher sur les conséquences du plan en termes de sécurité. Il rendra ses conclusions à la fin d’octobre. « À ce jour, déplore Patrick Salingue, la direction ne nous a toujours pas présenté l’organisation qu’elle compte mettre en place pour assurer la pérennité du site et la sécurité du personnel. »

« Ils ont regardé leurs chaussures »

Patrick Salingue a déjà fait connaître ses craintes quant à la sécurité du site en dehors de l’entreprise. C’était lors de la réunion du CLIC, le 10 mai 2010, où il siège en tant que représentant du personnel de Calaire.

La vocation du CLIC (comité local d’information et de concertation) est d’améliorer l’information sur les différents risques technologiques, et de débattre sur les moyens de prévenir et réduire ces risques. Y participent des représentants des entreprises concernées par ces risques, des élus locaux, le sous-préfet et des représentants des services de l’état, dont la DREAL (direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement, l’instance de référence). D’après Patrick Salingue, son intervention sur les conséquences du PSE sur la sécurité de Calaire Chimie n’aurait eu que l’effet suivant : « ils ont tous regardé leurs chaussures. » Les délégués CGT n’en sont pas moins décidés à obtenir des réponses des services de l’état et des élus locaux : « Nous exigeons une table ronde » lance Patrick Salingue.

Nord Littoral 09/10/2010

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