Un plan social provoque un record d’arrêts maladie

Jeudi 30 septembre 2010, par nico // Wolters Kluwer

Imaginez une entreprise où 12 % des salariés sont en arrêt maladie ! C’est le cas à Wolters Kluwer dont la filiale française est sous le coup d’un plan social.

C’est l’automne, les feuilles mortes se ramassent à la pelle, les feuilles d’arrêts maladie aussi. Particulièrement chez Wolters Kluwer, leader des services d’information professionnelle en France — édition et presse spécialisée —, installé à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine).

Sur un millier de salariés, plus de 120 sont aujourd’hui en arrêt maladie. Soit environ 12% des effectifs. Pas la faute à une mauvaise grippe, mais à un climat social délétère, découlant notamment d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), au printemps 2009. « Surmenage, dépressions nerveuses, abandons de poste… Mes collègues sont devenus des zombies, s’inquiète Anne Deharo, déléguée syndicale CGT. L’infirmière de l’entreprise reçoit 300 à 400 personnes par mois. »

Des évolutions qui passent mal

La société vient d’être assignée en référé au tribunal pour « risque psychosocial ». « La sécurité physique des employés n’est plus assurée », s’insurgent les syndicats. « Une assignation, c’est un effet collatéral courant quand la situation est tendue, relativise Sylvie Caron, directrice de la communication chez Wolters Kluwer France. Nous avons des procédures dans tous les sens. Nous préférerions un dialogue social permanent… » Pour s’adapter aux transformations du secteur, Wolters Kluwer France négocie actuellement le passage du support papier au support numérique. Cette année, l’entreprise a mis sur le marché plusieurs produits numériques, disponibles en ligne sur abonnement. Par exemple, le lancement du site d’« Atout social » ou encore la mise en place, en partenariat avec l’Agence France Presse, du fil de dépêches de « Liaisons sociales », à destination des professionnels. Là-dessus, direction et partenaires sociaux sont d’accord : « Tout cela change radicalement nos façons de travailler et implique de gros bouleversements pour les équipes. » Mais les salariés vivent mal ces évolutions. « Surtout la façon dont elles sont mises en place », insiste un cadre. La direction a pris plusieurs mesures : appel à un cabinet de conseil extérieur, mise en place d’une cellule d’écoute sur le site, renforcement du travail avec les partenaires sociaux. Sylvie Caron ne minimise pas : « Tout changement induit du stress et nos collaborateurs vivent une situation très difficile. Nous en sommes pleinement conscients. »

Le Parisien le 30/09/2010

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