Plus de la moitié des ex-Sachs aux prud’hommes

Vendredi 1er octobre 2010, par nico // Sachs

Hervé a déjà entouré une date sur son calendrier 2011 : le 4 avril. Ce jour-là, cet ex-technicien de maintenance de l’entreprise ZF Sachs de Mouy se présentera devant les prud’hommes de Beauvais pour contester son licenciement par son ancien employeur.

L’usine avait fermé fin juillet 2009, mettant 219 salariés à la rue.
En juin dernier, une partie de ceux-ci se sont regroupés pour imaginer la viabilité d’un recours. Conseillés par Me Fiodor Rilov, qui avait défendu les licenciés d’Essef à Balagny-sur-Thérain en 2007, ils ont jugé que leur action pouvait aboutir.
« Nous étions une soixantaine lorsque l’avocat a développé ses arguments, se souvient Hervé Outerleys, l’initiateur. Puis, avec le relais de la presse et le bouche-à-oreille, quatre-vingt-dix d’entre nous avions décidé de nous lancer. Finalement, d’après l’avocat, nous serons 119, convoqués le 4 et le 7 avril, sur les 134 contactés. Un bon résultat. Le cap de la centaine, c’est un signe fort et symbolique. »

« Nous allons démontrer que ces licenciements étaient interdits, avait martelé l’avocat parisien spécialiste du droit du travail. Nous sommes face à un groupe aux moyens considérables qui ne peut présenter un semblant de justification économique à cette fermeture. » De fait, les salariés savent bien que des machines permettant de réaliser des amortisseurs sont parties en Turquie. Aujourd’hui, au terme de la mission de reclassement du cabinet Altedia, la situation des 219 licenciés est loin d’être mirobolante. Au dernier bilan, on recensait une vingtaine de CDI, autant de CDD, une dizaine de créations d’entreprise, une dizaine de personnes accompagnées jusqu’à la retraite, et une quarantaine en formation longue.
« Il semble que notre action n’ait pas plu à la direction allemande, s’amuse Hervé Outerleys. L’avocat pense que l’on peut réclamer deux à quatre ans de salaire. 50000 € pour les derniers arrivés et près de 100000 € pour les plus anciens. » Une perspective qui relègue au second plan les honoraires de leur conseil, fixés à 400 € en cas d’appel et à 10% sur la somme ensuite définitivement obtenue. « Mais on ne se focalise par sur l’argent, je ne me mets pas ça en tête. Le plus important, c’est de prouver qu’on avait raison de contester notre licenciement. »

Le Parisien le 01/10/10

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