Grève dans les ports : pour les retraites mais aussi pour l’emploi

Samedi 2 octobre 2010, par cclpv // Ports et Docks

A travail pénible, riposte à la hauteur

Port. Les deux terminaux de Fos-Lavera et celui de Mourepiane bloqués. L’expression de l’inquiétude des agents portuaires quant à la réforme et ses conséquences sur leurs retraites.

« Si la situation est si difficile et tendue au sujet de la réforme du Port, c’est qu’elle est loin d’être à la hauteur des promesses qui avaient été affichées. Notamment en matière d’investissements. Nous sommes loin du compte, s’insurge Pascal Galeote, secrétaire général CGT du syndicat du Port, et tous les plus beaux diagnostics se sont avérés erronés.
Au lieu d’un plan d’investissement, de développement des activités portuaires, c’est un plan d’extinction de l’activité qui se dévoile jour après jour. Avec tout ce que cela peut induire comme suppressions d’emplois et d’aggravation des conditions de travail.  »

« L’exemple par la pétrochimie, poursuit le responsable syndical. Aujourd’hui, nous sommes sur une base de 63 millions de tonnes d’hydrocarbures. Dans un horizon très proche, ce ne seront plus que 47 millions de tonnes qui sont attendues. »

Avec, ce qui n’est pas là pour apaiser les esprits, la situation fragile traversée par Total la Mède et les inquiétudes pesant sur Lyondel basel. « Combien de suppressions d’emplois à la clef ? »

« Et ce n’est pas la création d’une filiale  [1] qui est là pour apaiser les esprits. Une filiale, mais avec quel type d’actionnaires, quels effectifs maintenus et avec quelle garantie qu’ils ne passeront pas à la trappe ? »

Mouvement reconductible

Le mouvement de grève entamé avant hier sur les deux terminaux pétroliers de Fos-Lavera n’est que la partie visible de l’iceberg. « C’est l’ensemble des activités des bassins qui connaissent une situation inquiétante », poursuivent les agents portuaires.

Mercredi, c’est le terminal Intramar de Mourepiane qui a observé une journée d’arrêt de travail. Pour alerter contre la situation fragile du manutentionnaire.

Un arrêt reconductible pour 72 heures à partir de vendredi, avec au cœur la question de la pénibilité du travail et donc de la réforme des retraites.

Pour Pascal Galeote, « ces sont des points sur lesquels tous les agents portuaires, comme les dockers, sont pleinement mobilisés et qui justifient pleinement la reconduite des mouvements entamés. »

Ce qui se cache derrière cette réforme peut se résumer encore par ces mots des syndicalistes du Port : « nous avons l’impression que les intentions ministérielles sont de laisser vivoter l’activité plutôt que de la développer. » Si telle est la réalité, « tout sera mis en œuvre pour la reconduction du mouvement. Aucune contagion, sur tous les types d’activité n’est à exclure. D’ores et déjà, 48 heures de grève supplémentaires sont programmées pour la semaine prochaine. »

La détermination des agents du port étant à la mesure de leur participation active à toutes les manifestations pour la défense du droit à vivre sa retraite en toute dignité.

La Marseillaise 30/09/2010

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