Lejaby : un accord sur les primes de licenciement et des larmes

Jeudi 30 septembre 2010, par cclpv // Lejaby

Syndicats et direction ont trouvé un accord sur les primes de licenciement. Les salariées grévistes, qui occupaient depuis deux semaines le siège du fabricant de lingerie Lejaby, à Rillieux-la-Pape, près de Lyon (Rhône), ont levé leur blocage mercredi, par 118 voix pour, 26 contre et une abstention, selon Nicole Mendez, déléguée du personnel CFDT.

Ont participé les salariées des ateliers de Bourg-en-Bresse et Bellegarde-sur-Valserine (Ain) ainsi que du Teil (Ardèche), menacés de fermeture dans le cadre d’un plan social prévoyant la suppression de 193 emplois (BIEN 193).

L’accord a été trouvé mardi soir lors d’une réunion tenue sous l’égide de la Direction régionale des entreprises, de la concurrence et de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte) et soumis au vote des salariées mercredi. Il prévoit 15.000 euros bruts d’indemnité supra-légale par salariée licenciée, assortis de 600 euros par an pour les cinq premières années d’ancienneté, puis 500 euros pour les années suivantes. « Et la direction paiera les jours de grève », a ajouté Nicole Mendez.

Les grévistes, qui empêchaient depuis le 16 septembre l’entrée et la sortie des camions de livraison, ont levé leur blocage à 14 heures, avant de rapidement quitter les lieux. « Le conflit se termine avec des avancées significatives » d’un point de vue financier mais « pour nous, ça n’est pas satisfaisant, on aurait souhaité sauvegarder l’emploi. Ce combat-là, on l’a perdu », déclarait Janine Caillot, déléguée CGT.

1.100 euros par mois après 40 ans d’ancienneté

A l’entrée du site, interdit à la presse, Christelle Gervasoni, 18 ans d’ancienneté à l’atelier de Bourg-en-Bresse, évoquait « une défaite ». « On est traité comme des merdes. C’était notre deuxième famille. Et on nous jette dehors du jour au lendemain », dénoncait-elle.

A ses côtés, une collègue avait les yeux rougis derrière ses lunettes de soleil : « J’étais à deux ans de la retraite. Je ne sais rien faire d’autre que de la couture. Maintenant, il va falloir piocher dans la prime pour vivre en attendant le chômage et pour payer la complémentaire retraite », témoignait-elle. Après 40 ans d’ancienneté, elle touche 1.100 euros par mois.

La direction s’est quant à elle félicité de la signature d’un accord « sur des mesures équilibrées au regard de la situation des salariés et du contexte économique de l’entreprise ». Elle a annoncé qu’elle abandonnait ses poursuites judiciaires contre cinq salariées grévistes.

Les syndicats, qui avaient attaqué sur le fond les conditions du plan social, attendent de leur côté une décision le 19 octobre.

Lejaby appartient depuis 2008 à l’Autrichien Palmers. L’entreprise compte cinq sites et emploie 652 salariés.

Le Parisien 29/09/2010

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