Auneau se dresse contre les licenciements

Lundi 20 septembre 2010, par cclpv // Ethicon

La ville d’Auneau s’est arrêtée de vivre samedi pour se rassembler dans la rue, en soutien aux 350 salariés d’Ethicon, dont l’usine est menacée de fermeture en 2011. Ils ont guère d’illusion quant à l’issue du conflit mais souhaitent être traités de manière exemplaire.

Rideaux des boutiques et grandes enseignes de distribution fermés, rues désertes, affiches placardées dans les vitrines en soutien aux salariés d’Ethicon, menacés de perdre leur emploi en 2011... L’opération “ville morte” organisée par la municipalité d’Auneau a connu un véritable succès, en terme d’impact visuel et de participation citoyenne. C’était l’objectif.
Près de 400 personnes ont participé samedi au rassemblement place du marché, et participé au cortège qui s’est rendu jusqu’aux portes de l’entreprise Ethicon, dont la direction a annoncé le 10 juin lors d’un comité d’établissement extraordinaire, son intention de fermer le site d’Auneau, pour « maintenir la compétitivité de l’entreprise ».

Salariés, élus, commerçants et habitants ont ainsi exhibé leur hostilité face à cette décision qu’ils ne comprennent pas. « Seulement dix groupes mondiaux peuvent se prévaloir de tels résultats économiques et financiers », explique un cadre de l’entreprise.

« Il est toujours difficile d’accepter un plan social. Mais les ouvriers ne sont pas des imbéciles. Ils comprennent qu’une entreprise puisse licencier lorsque les difficultés financières sont bien réelles et que les carnets de commandes sont vides. Or ce n’est absolument pas le cas de la société Ethicon, et encore moins du groupe auquel elle appartient », souligne Kerstin Jardé, la secrétaire FO du comité d’entreprise.

Pression psychologique

Alors même si les mines offensives des salariés laissent transparaître le désir de se battre jusqu’au bout, nul ne semble candide face à la probable issue finale de l’usine alnéloise. Si ce n’est peut-être leur avocat qui et a fait part de son optimisme vis à vis d’un maintien de l’activité industrielle au sein de l’usine d’Auneau, invoquant l’absence de motif économique.

« L’objectif est de permettre au gens de partir dans les meilleures conditions possibles. Les salariés savent que leur usine fermera tôt ou tard, mais ils veulent continuer à se battre. Durant des années, la direction a dit à ses salariés qu’ils étaient des employés exemplaires, aujourd’hui les employés veulent obtenir des licenciements exemplaires », précise la représentante du personnel. « Les anciens dirigeants de l’entreprise sont estomaqués par ce qui se passe ». Mais que faire face à des choix financiers internationaux ? En tout cas pas courber l’échine, même si le combat est bien déséquilibré. Mais au jour le jour, la situation n’est pas facile à vivre. Le climat est tendu au sein de l’entreprise, selon plusieurs témoins qui mettent en avant une certaine pression psychologique de la part des équipes dirigeantes sur les salariés. Les plus faibles en pâtissent.

L’Echo Républicain 20/09/2010

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