311 emplois supprimés chez Goss

Vendredi 17 septembre 2010, par nico // Goss

Coup de massue hier à Montataire. La direction du fabricant de rotatives a annoncé l’ouverture d’un plan social pour supprimer la moitié des 623 salariés du site oisien.

Ça sent la fin chez Goss. Réuni hier matin dans la cour de l’usine de Montataire, le personnel du premier fabricant mondial de rotatives a appris officiellement la nouvelle qu’ils redoutaient depuis des mois. Un plan social, baptisé pudiquement plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), va être mis en place à partir du 24 septembre.

Au menu : la suppression de 311 emplois sur les 623 salariés que compte le site oisien.

Et si les ateliers vont être plus durement touchés, tous les services sont concernés. Les salariés ont écouté leur directeur, Théo Buchmeyer, pendant une petite demi-heure, puis se sont dispersés sans un bruit. Comme sonnés par la rudesse de l’annonce (lire encadré). « On s’attendait à quelque chose, mais pas à 50% du personnel », confirme William Paris, représentant du personnel au comité d’entreprise. « Nous déplorons les conséquences que ce projet entraînera pour les salariés concernés, mais c’est une mesure nécessaire en réponse aux conditions du marché », a assuré Jochen Meissner, président de Goss International dans un communiqué.

Seulement 312 personnes restantes

Avec cette annonce, c’est l’avenir même de l’usine qui est en jeu. « Avec seulement 312 personnes restantes, on a des doutes sur la capacité à continuer. Comment va-t-on pouvoir faire tourner les machines en étant si peu nombreux ? » s’interroge Philippe Robin, délégué du personnel. Le directeur du site a eu beau annoncer que Shanghai Electric, qui a pris en juin le contrôle du capital de Goss International Corporation, souhaitait investir 26 M€ dans le site de Montataire, les salariés ne croient plus en leur avenir.

« Cet investissement s’arrête en 2011, précise Philippe Robin. Pour nous, le dossier est vide car il n’y a aucun projet à long terme. On a l’impression qu’ils font un plan social pour coller au carnet de commandes actuel, alors qu’un PSE, normalement, c’est fait pour préparer le futur. » Théo Buchmeyer a d’ailleurs souligné dans son discours que « le PSE 2010 est un bien pour l’entreprise ». Dans un communiqué, la direction ajoute que ce PSE a pour objectif « d’améliorer la compétitivité des activités françaises ».

Les ouvriers ont peine à y croire ; Après les licenciements de ces dernières années — 1200 personnes travaillaient sur le site en 2000 —, la moyenne d’âge a atteint 47 ans et l’ancienneté vingt ans en moyenne. « Ce matin, à l’usinage, on se demandait comment on allait travailler et le chef n’était même pas en mesure de nous répondre », témoigne un ouvrier. Autre preuve de fragilité : depuis qu’il a été racheté par Shanghai Electric, le site oisien ne gère plus ses commandes directement. Elles sont orchestrées directement des Etats-Unis. Montataire se retrouve de plus en plus isolé et n’a plus vraiment son avenir entre les mains.

Le Parisien le 17/09/2010

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