Lejaby : deuxième nuit d’occupation du siège social

Samedi 18 septembre 2010, par nico // Lejaby

Le fabricant de lingerie haut de gamme prévoit la fermeture de trois sites de production et le licenciement de près de 200 salariés en France.

Les ouvrières de Lejaby tiennent bon. Pour la deuxième nuit consécutive, elles ont occupé vendredi soir le site du siège social de l’entreprise de lingerie haut de gamme à Rillieux-La-Pape (Rhône). « Certaines ont passé la nuit dans les escaliers, d’autres sur le parking dans leur voiture et nous sommes déterminées à continuer », a raconté l’une de ces salariées au Progrès.

Jeudi soir, une cinquantaine de salariées en grève avaient déjà dormi sur place, « dans des tentes installées dans la cour et d’autres à l’intérieur des locaux du siège, sur des cartons à même le sol », a déclaré vendredi Janine Caillot, déléguée CGT, à l’AFP. Ces ouvrières sont arrivées de trois sites de production du groupe de lingerie - ceux de Bellegarde-sur-Valserine et de Bourg-en-Bresse dans l’Ain et du Teil en Ardèche - menacés de fermeture dans le cadre d’une restructuration annoncée par la direction en avril dernier.

Plan de délocalisation

Lejaby a dévoilé, le 1er avril, son intention de fermer trois sites, sur ses quatre usines en France, et de supprimer 197 postes sur 653 dans le but de produire à moindre coût à l’étranger, à savoir en Tunisie, au Maroc, en Chine et en Pologne. Le groupe a justifié sa décision par le « fort ralentissement » de ses ventes, dont 30% de la production est encore assurée en France, contre 0 à 5% pour la concurrence. « Lejaby souhaite conserver son savoir-faire en confection en maintenant entre 7 et 10% de sa production en France », a-t-il indiqué.

Dès lors, s’est engagé un bras de fer avec les salariés, majoritairement des femmes. Le 12 avril, ils ont manifesté devant le siège du groupe, en portant soutiens-gorge et culottes par-dessus leurs vêtements. Hier, selon Janine Caillot, « les négociations avec la direction étaient bloquées ». Les salariés réclament 70.000 euros d’indemnisation de départ, alors que la direction propose 10.000 euros, plus 420 euros par année de travail, a précisé Marie-Christine Ronchon, qui travaille sur le site de Bourg-en-Bresse, à l’agence AP.

Bataille judiciaire

L’affaire sera portée en justice mardi. Le tribunal de grande instance de Lyon doit examiner une demande d’annulation de la procédure déposée par les salariés. L’actuel propriétaire de Lejaby, le groupe autrichien Palmers Textil, a entamé une procédure à l’encontre du précédent propriétaire, le groupe américain Warnaco, car il lui reproche de l’avoir trompé sur la valeur d’achat de Lejaby. Palmers Textil veut faire annuler la vente, qui a été conclue en 2008.
Une procédure dont les employés de Lejaby ont entendu parler... par la presse. « Palmers a caché le fait qu’il avait engagé, depuis novembre dernier, un procès contre l’américain Warnaco pour faire annuler la vente de Lejaby », a expliqué Me Pierre Masanovic, l’avocat des salariés de Lejaby, à Reuters. « On est en présence d’une situation tout à fait inédite. Si la vente de Lejaby était effectivement cassée, on repartirait sur une situation totalement nouvelle. »

le figaro le 18/09/2010

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