Le Meux : grosses inquiétudes pour l’avenir de l’usine Unilever

Vendredi 30 octobre 2009, par cclpv // Unilever

Les 360 salariés de l’usine de shampoings et de dentifrices Unilever n’ont jamais été aussi inquiets. Au cours d’un comité d’entreprise extraordinaire (CCE), hier, le lessivier a annoncé, pour la mi-2010, la fermeture du centre de recherche et de développement (32 emplois), installé sur le site. Ce service stratégique, chargé de concevoir de nouveaux produits, fait les frais d’une politique d’économies d’échelle : le géant des soins du corps et de la maison s’apprête à regrouper plusieurs centres de recherche sur un seul site européen, à Vlaardingen (Pays-bas). C’est là que les 32 salariés de Le Meux se verront proposer un poste. « Il y aura aussi des possibilités de reclassements dans le groupe, indique la porte-parole d’Unilever France, Sophie Jayet. Tout sera mis en œuvre pour trouver une solution adaptée à chaque salarié. »

Licenciements redoutés

Les syndicats CFDT et CGT, qui annonçaient, dès 2007, la disparition programmée, sous quatre ans, de 60 % des centres de recherche et de développement d’Unilever, craignent des licenciements. « Il y en aura forcément car le groupe propose aux salariés de partir en Hollande, soupire le délégué syndical CGT, Frédéric Briesmalien. Vous voyez les gens déménager leur famille en Hollande ? » Le syndicat est aussi inquiet que la CFDT. Celle-ci estime que tous les voyants sont au rouge pour l’usine. Depuis que le groupe a installé son centre de facturation en Suisse (en 2006), l’usine est devenue un centre de coûts dont la production baisse régulièrement.

« Le jour où le centre de recherche ferme, l’usine ferme un an après »
Elle serait tombée de 225 millions de shampoings (2003-2004) à 162 millions (prévus en 2009). « On nous a toujours dit : le jour où le centre de recherche et de développement ferme, l’usine ferme un an après, rappelle Patrick Quenton, représentant syndical au CE et au CCE. Il y a quelques années, j’ai annoncé ce qui se produit. Ils ont toujours démenti. Aujourd’hui, ils nous disent encore qu’il n’y a aucun danger. Ils vont nous baratiner comme ça jusqu’à la dernière seconde ».

De fait, le groupe se montre rassurant. « Il n’y aura aucune conséquence pour l’avenir du site, assure Sophie Jayet. Au contraire, il est renforcé avec l’installation d’une ligne de production dentaire d’ici la fin de l’année ». Unilever reste toutefois discret sur les objectifs de production de cette ligne. Et pour cause. Si l’on en croit la CGT, elle « n’apportera aucun volume de production supplémentaire ».

Le Courrier Picard - 23/10/2009

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