Les salariés de l’usine Deshors prennent leur destin en main, à 15 jours des 48 licenciements

Samedi 4 septembre 2010, par cclpv // Deshors ADI

Les salariés de Deshors prennent la population briviste à témoin. En transportant symboliquement , hier, l’enseigne de leur usine devant la mairie, ils interpellent l’opinion et les élus sur l’état d’urgence à la veille des 48 licenciements.

« Faut pas se leurrer, il y aura d’autres voyages. Il faut absolument bloquer celui-là ». Ce salarié de Deshors, campé avec ses collègues, hier, au milieu de la route devant l’usine briviste, fleuron de l’industrie corrézienne, évoque les 48 licenciements actés par le plan social.

Dès leur retour de vacances, les salariés concernés ont été réunis par la direction qui leur a signifié qu’ils pouvaient rester chez eux... alors même que les lettres de licenciement ne sont pas encore parties.

« Inacceptable ! » pour la CGT qui attend les premières missives sous quinzaine et qui ne se fait guère d’illusion. « 39 autres personnes pourraient bien être concernées en 2011 » avancent même les responsables syndicaux.
La faute aux donneurs d’ordre dont la Snecma (où l’Etat pèse 30 %) qui préfère délocaliser la production à l’étranger. « Alors que l’aéronautique est en croissance de 4 à 5 % depuis 30 ans », s’emporte la CGT.

« Deshors veut vivre ! »

Hier matin, face à cette situation, les salariés de l’entreprise corrézienne, spécialisée dans l’aéronautique, ont pris leur destin en main. Tout est allé finalement très vite. Improvisé.

D’un simple débrayage prévu devant l’usine sur le coup de 11 heures (110 salariés ont bloqué la route de Lissac), le mouvement a pris une nouvelle dimension.

La CGT a tout juste eu le temps de souffler que le temps de l’action était venue que la grande enseigne de l’usine était déboulonnée. Une vieille Renault 18 break, qui ne craint plus rien, a été réquisitionnée.

Surmonté de l’enseigne, le véhicule s’est mis en branle vers le centre ville. Une cinquantaine de salariés ont fait le voyage, au pas, escorté par les motards de la police nationale.

« Le comité d’entreprise est allé au bout de ce qu’il pouvait faire légalement et juridiquement, explique Jean-Philippe Mandon, délégué syndical central CGT. Maintenant, les salariés prennent la situation à bras-le-corps. L’emblème de l’entreprise est démantelé. Nous ne sommes pas résignés ».

Pas résignés et déterminés à installer cette enseigne en centre ville, à la vue des élus mais aussi de la population. A 15 heures, l’enseigne était débarquée et hissée devant la mairie sous les applaudissements.

Le symbole est fort, la population prise à témoin. Les salariés ont improvisé des graffs rouges sur un drap blanc., « Non aux licenciements ».

La Montagne 02/09/2010

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