113 ex-Sachs attaquent pour licenciement abusif

Mardi 6 juillet 2010, par nico // Sachs

« A la suite de la réunion avec l’avocat, le bouche-à-oreille a très bien fonctionné. » Hervé Outerleys est satisfait. Cet ex-ouvrier de ZF Sachs est à l’origine d’un mouvement qui va fédérer l’énergie de ses anciens collègues : engager une procédure devant le conseil des prud’hommes afin de contester les 219 licenciements de l’été dernier par le fabricant d’amortisseurs de Mouy.
« Alors qu’on était au cœur du conflit, on avait sollicité nos délégués pour envoyer la direction au tribunal, se souvient-il. Mais, curieusement, ils semblaient penser que ce n’était pas réalisable. Depuis, j’ai toujours gardé l’envie d’entamer une action en ce sens. »

Hervé Outerleys a une expérience d’avance sur ses collègues. Ancien de la société de papiers peints Essef à Balagny-sur-Thérain, il en a connu la fin peu glorieuse avec l’extinction de son activité en 2004. Et il s’est rapproché de Me Fiodor Rilov, du barreau de Paris, qui avait alors obtenu du liquidateur judiciaire un accord intéressant pour gonfler les indemnités de licenciement. C’est ce même avocat qui a expliqué à une soixantaine d’ex-Sachs le 10 juin, dans la salle Alain-Bashung de Mouy, comment ils pourraient emporter la décision devant les prud’hommes s’ils lui confiaient leurs intérêts, moyennant 400 € d’honoraires chacun. « La plupart se sont aussitôt déclarés prêts à remplir un dossier », rapporte Hervé Outerleys.
Il faut croire que les arguments de l’avocat ont fait mouche car le petit groupe de l’époque a aujourd’hui quasiment doublé. « Pour l’heure, nous sommes parvenus à contacter 130 anciens Sachs, et 113 sont prêts à contester leur licenciement, détaille Hervé Outerleys. Certains ont déjà signé des documents, d’autres le feront dès leur solde de tout compte reçu. »

L’avocat avait fixé une date limite fin juin. « C’est parce qu’il va enclencher la procédure pour ceux qui ont quitté l’entreprise fin août 2009, car ils n’ont qu’un an pour recourir à ce type d’action. Les autres dossiers leur seront joints au fur et à mesure. Il reste encore une dizaine de jours pour se greffer à notre action. Plus nous serons nombreux, plus elle aura de poids face aux juges. »

L’avocat imagine qu’une audience pourrait être programmée avant la fin de l’année, mais il n’a pas caché qu’à l’inverse la procédure pourrait durer jusqu’à deux ans. « Me Rilov l’a bien spécifié, conclut Hervé Outerleys. Il ne prétend pas que l’on gagnera mais les risques de perdre sont limités. Et il est très confiant. »

Le Parisien le 06/07/2010

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