Hôpital Béclère : non à la fusion avec Brousse et Bicêtre

Vendredi 9 juillet 2010, par nico // Hôpitaux

D’ici une quinzaine de jours, ils seront fixés. Le conflit qui oppose les personnels de l’hôpital Béclère à la direction de l’AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris) vient de monter d’un cran.
L’intersyndicale de ce centre hospitalier situé à Clamart vient de déposer un référé contre le directeur général de l’AP-HP.
Ils l’accusent en substance de trahison. Plus précisément, ils lui reprochent la future fusion de leur hôpital avec Paul-Brousse (Paris) et le centre hospitalier du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne).
« Cela va à l’encontre du vote du conseil d’administration de l’AP-HP du 3 juillet 2009, tempête-on chez SUD-Santé. Ce vote stipulait que Béclère aurait une plus grande autonomie au sein du groupe. Or, depuis février, on assiste à un début de fusion. Le 11 juin dernier, on nous a enfin répondu : la direction confirmait cette décision qui déstabilise Béclère. »

Le regroupement Béclère-Brousse-Bicêtre intervient dans un contexte d’économies et de suppressions de postes dans les hôpitaux de l’AP-HP. La fusion se traduirait par 102 emplois en moins sur ce groupe à trois têtes. Au total, ce sont pas moins de 1000 emplois qui pourraient être supprimés dans l’AP-HP. L’hiver dernier, un important mouvement de protestation avait frappé les différents hopitaux concernés.
A Béclère, les syndicats ont sorti la calculette. Ce centre, comme Necker et Robert-Debré à Paris, est l’un des rares hôpitaux « vertueux ». Ici ? pas de crise financière mais au contraire un excédent chiffré à 6 M€. L’hôpital Béclère fait figure d’exception, alors que Brousse et Bicêtre présentent un déficit cumulé de 27 M€.
« Le regroupement n’est ni cohérent médicalement, ni cohérent au niveau économique, ni cohérent au niveau territorial », dénonce l’intersyndicale SUD-SGT-FO-SNCH.

Selon eux, la fusion amputerait son budget travaux de moitié, rendrait les recrutements impossibles et suspendrait le projet du bâtiment Réa-laboratoire. Bref, l’hôpital de Clamart aurait tout à perdre à se lier à Brousse et Bicêtre. Un syndicaliste soupire : « On a recueilli 1500 signatures contre la fusion. Pour l’hôpital, le regroupement est une catastrophe… »

Le Parisien le 06/07/2010


Bras de fer à Antoine-Béclère

Syndicats et médecins ont déposé un référé pour empêcher la fusion de l’hôpital de Clamart avec Paul-Brousse et le Kremlin-Bicêtre.

« Je n’ai rien à perdre dans cette histoire », assène le professeur Dominique Musset, président du comité consultatif médical (CCM) de l’hôpital Antoine-Béclère à Clamart (Hauts-de-Seine). Excédés, le professeur et l’intersyndicale CGT, SUD, FO, SNCH (le syndicat des cadres) ont déposé début juillet un référé au tribunal administratif de Paris à l’encontre du directeur général de l’Assistance publique- Hôpitaux de Paris (AP-HP), Benoît Leclercq, pour contrer la fusion à marche forcée de leur hôpital avec Paul Brousse et le Kremlin-Bicêtre. Un objectif écrit noir sur blanc dans le plan stratégique rejeté hier.

Si le personnel sort l’artillerie lourde, c’est pour mieux souligner la volte-face du directeur général. «  Au conseil d’administration du 3 juillet 2009, le principe d’une fédération et non pas d’une fusion avait été posé pour Antoine-Béclère  », se souvient le professeur. Pourtant, début 2010, les syndicats voient arriver une directrice de groupe hospitalier (pour les trois hôpitaux), des services administratifs se regrouper et la fusion se profiler, comme si de rien n’était. En mai, c’est le ras-le-bol. Un collectif Béclère HUP regroupant syndicats, médecins et cadres hospitaliers se constitue pour lutter contre ce qu’ils décrivent comme une aberration. Car Antoine-Béclère, structure excentrée du sud de la région parisienne, est le meilleur élève de l’AP-HP. En excédent budgétaire de 5,4 millions d’euros pour 2009, l’hôpital refuse de devoir se serrer la ceinture. Avec la fusion, 104 emplois devraient être supprimés sur l’ensemble du pôle hospitalier. Il faudrait aider Paul-Brousse et le Kremlin-Bicêtre à éponger leur déficit. «  C’est injuste si on doit faire des économies et rendre des postes, on est déjà en sous-effectif !  », constate Olivier Martinez, délégué CGT à Béclère. Dans le service des urgences, les cadres soulignent qu’il manque une dizaine d’infirmières. Le projet de construction d’un centre de réanimation est également suspendu au projet de fusion. Même inquiétude au niveau de l’accès aux soins. Aucun transfert de service n’est encore clairement identifié, mais Paul-Brousse et le Kremlin-Bicêtre sont à 40 minutes de Béclère. «  C’est trop loin. Les patients vont aller dans des structures privées si ça se passe comme ça !  » explique le professeur Musset. 1 500 signatures de soutien ont déjà été recueillies par le collectif. Une assemblée générale est prévue aujourd’hui.

l’humanité le 09/07/2010

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