Les Sanofi campent pour leur emploi

Mardi 6 juillet 2010, par nico // Sanofi

Dans des tentes ou dans leurs voitures… Voilà où comptaient dormir cette nuit plusieurs dizaines de salariés du groupe Sanofi-Aventis. Réunis dès hier après-midi devant le siège du secteur chimie du géant pharmaceutique, situé à Antony, ces derniers entendaient montrer leur mécontentement face au plan de restructuration mis en place par la direction.

« Nous voulons prouver notre totale détermination à tout faire pour sauver notre emploi. On ne lâchera rien », scande Thierry Bodin, coordonnateur de la CGT. Dans l’après-midi, ils étaient une centaine à manifester, venus de toute la région parisienne et au-delà. Hier et aujourd’hui, étaient organisés des comités centraux d’entreprise consacrés au plan de restructuration du secteur chimie. « Des experts ont proposé des rapports qui montrent que les emplois peuvent être maintenus », insiste Karim Halabi, qui travaille au centre de la porte d’Orléans et est venu soutenir ses collègues à Antony.

Après avoir distribué des tracts en début d’après-midi, les manifestants ont entrepris de monter des tentes sur le trottoir devant la société pour passer la nuit sur place. Mais c’était sans compter sur la présence des policiers, qui sont aussitôt intervenus pour empêcher l’installation sur la voie publique. Les manifestants ont alors déménagé leurs tentes dans l’enceinte même de l’entreprise, donnant aux pelouses des allures de camping improvisé. Mais là encore, ils ont été délogés dans la soirée, cherchant un nouveau site pour passer la nuit à proximité, et être dès ce matin aux portes du siège de leur société.

L’inquiétude est grande chez les jeunes salariés venus défendre leur emploi. « La direction est sourde et muette, se désole Hicham Jbilou, opérateur de fabrication depuis sept ans à l’usine de Romainville. Je ferai tout pour sauver mon poste. » Le 31 mars dernier, la direction de Sanofi-Aventis a annoncé la suppression de 4000 postes en dix-huit mois, dont 1300 en recherche. Le groupe, au résultat net de 8,5 milliards, a déclaré vouloir poursuivre sa « mutation vers les biotechnologies ». Mais pour les salariés, c’est la logique économique qui prime. « Je suis très fier du travail accompli dans mon département, assure M. Nonsavantha, présent dans le groupe depuis une trentaine d’années et pilote de recherche au pôle de Vitry (Val-de-Marne). Je suis très inquiet pour l’avenir du secteur pharmacologique en France car toutes les usines ferment. »

Les manifestants attendent maintenant que les pouvoirs publics s’emparent du dossier et insistent auprès de la direction du groupe pour qu’elle étudie toutes les possibilités de maintien de l’emploi.

Le Parisien le 06/07/2010

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