Brodard Graphique : des salariés en colère bloquent la caravane du Tour en Seine-et-Marne

Vendredi 9 juillet 2010, par cclpv // Brodard Graphique

Une vingtaine de salariés de l’imprimerie en liquidation Brodard Graphique de Coulommiers (Seine-et-Marne) ont bloqué, vers 13 heures, des véhicules participant à la caravane du Tour de France, à Courchamp, entre La Ferté-Gaucher et Provins. Comme les manifestants s’y étaient engagés, ce coup d’éclat n’a pas retardé le passage du peloton vers 14h30.

Un seul, resté caché depuis la fin de la matinée, a entrepris de courir à côté des coureurs. Il a été intercepté par les gendarmes et placé en garde à vue.

Vers 13 heures, au kilomètre 74,7 de la 5e étape reliant Epernay à Montargis, près d’un bosquet, les manifestants brandissant des banderoles ont arrêté des véhicules faisant la promotion de la gendarmerie nationale, de la police nationale et du ministère de l’Intérieur. Ils ont bloqué la progression de la caravane publicitaire pendant cinq à sept minutes, le temps d’exposer leurs revendications et de parlementer avec un responsable de l’organisation.

Des négociations se sont engagées sur le bord de la route. Les inscriptions tracées sur la route du Tour ont été effacées. Les salariés accusaient leur employeur d’être « le maillot jaune des patrons voyous » et indiquaient « Brodard Graphique : 189 licenciements ».

Filiale du groupe Maury employant 138 salariés à Coulommiers, l’imprimerie Brodard Graphique a été placée en liquidation judiciaire lundi soir. La Nouvelle Brochure, une filiale voisine, faisant partie du même groupe a subi le même sort, laissant 51 salariés sur le carreaux. Soit un total de 189 licenciements attendus localement. Le tribunal de commerce de Meaux a rejeté l’offre d’un repreneur, Circle Printer, pour les deux sociétés.

Le Parisien 08/07/2010


Brodard Graphique et la Nouvelle Brochure liquidés

L’imprimeur Maury laisse 189 salariés sur le carreau après la liquidation judiciaire de ses filiales prononcée hier soir par le tribunal de commerce de Meaux. L’offre de reprise de Circle Printer n’a pas convaincu. | RéagirJila Varoquier | 06.07.2010, 07h00 L’ombre planait depuis des mois sur Brodard Graphique et de la Nouvelle Brochure. Hier soir, après deux heures d’attente au tribunal de commerce de Meaux, le couperet est tombé : les imprimeries columériennes sont liquidées. Au total, 189 salariés — dont 151 chez Brodard — se retrouvent dès ce matin au chômage.

Un coup dur dans un bassin d’emploi déjà morose.

Depuis quelques mois, l’entreprise vivait ses derniers soubresauts. Début avril, Jean-Paul Maury, directeur du groupe du même nom, décide — à la surprise générale — de céder l’imprimerie, en plein plan de sauvegarde de l’emploi. « Elle n’est plus rentable et met en danger mon groupe, même avec les 69 départs volontaires », avait-il confié à notre journal. Fin juin, au terme du délai imposé par le tribunal, sur la quinzaine de propositions de reprise — dont celle du grand groupe italien Pozzoni —, une seule s’est maintenue, celle de Circle Printer, propriété de Jacques Le Morvan.

Celui-ci proposait la reprise de 60 à 90 salariés, 25000 € pour le terrain de plusieurs hectares et surtout deux rotatives flambant neuves, chacune d’une valeur de 30 M€. « C’est scandaleux et odieux que l’on puisse présenter une telle offre au tribunal. Il est même étonnant que le procureur ne se soit pas prononcé là-dessus » s’étonne un conseiller proche du dossier. Même l’administrateur du groupe, Philippe Contant, avait qualifié cette offre de « hold-up doublé d’un chantage aux licenciements plutôt qu’une véritable proposition ». L’endettement de Brodard Graphique s’élève à 39 M€.

Hier soir, si les employés s’attendaient au rejet de l’offre par le tribunal — qu’ils avaient eux-même acceptée à une faible majorité la semaine dernière —, la consternation était à son comble.

Les salariés dénoncent des « manœuvres de voyous »

Pendant la longue attente, les salariés dressaient le bilan de longs mois de mobilisation. « On est passés par tous les états, on a rencontré tous ceux qu’on a pu voir ! On l’a vu, le degré d’action des politiques ! Alors, maintenant, on ne stresse plus », lançait Christophe, désabusé.

Mais, quand la sanction est tombée, la colère a pris le dessus. Jean-Paul Maury en a fait les frais le premier, quittant le tribunal à vive allure, accompagné de deux gardes du corps, sous une pluie de noms d’oiseaux en tout genre. « Comment arrivez-vous à vous regarder dans la glace », hurlait l’un des employés, la rage dans la gorge. « Si on nous avait écoutés avant, en décembre, au moment des premières grèves, on n’en serait pas là », glissait Annabelle, de la Nouvelle Brochure. « Ce sont des manœuvres de voyous, où l’humain n’est jamais pris en compte, et une entente générale pour nous faire tomber et diminuer la concurrence dans un marché de l’art graphique déjà serré ! » accusait Bruno. Ayant le sentiment d’avoir été abusés, abandonnés et restés impuissants face à ces manigances, les ex-employés sont prêts à tout. Ils préviennent : « Nous ne lâcherons rien, surtout pas nos rotatives ».

Le Parisien 06/07/2010

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