Teleperformance : débrayages et discussions sur un accord de méthode

Vendredi 9 juillet 2010, par cclpv // Teleperformance

Des débrayages ont eu lieu jeudi dans plusieurs sites de Teleperformance, leader mondial des centres d’appel, alors que syndicats et direction ont discuté d’un accord de méthode après l’annonce d’un plan de suppressions de 830 postes, soit 13% des effectifs en France.

Des débrayages d’une ou plusieurs heures ont été enregistrés à Lyon, Rennes, Montpellier, Marseille, Toulouse, Belfort ou Tours, selon plusieurs sources syndicales.

Au siège à Paris, la direction a proposé aux syndicats un accord de méthode déterminant un calendrier de négociations, tout en fixant au 13 juillet le début d’une procédure classique d’information-consultation du personnel via un comité central d’entreprise.

Un accord de méthode a l’avantage de fixer un calendrier définitif de négociations. La procédure classique d’information-consultation est davantage susceptible de faire l’objet de recours, notamment judiciaire, et de s’étaler dans le temps.

Le 1er juillet, Teleperformance France a annoncé un plan prévoyant le passage de 22 à 14 sites, après une année 2009 marquée par 36 millions de pertes.

La direction s’est fixée comme objectif de renouer avec la rentabilité au premier semestre 2011.

Le groupe va supprimer les centres de Marseille (25 postes), Pantin (149), Rennes (194) et Tours (51). Dans quatre villes, où deux centres existent, ils seront fusionnés avec comme conséquence 41 postes supprimés au Mans, 169 à Lyon, 71 à Orléans et 61 à Toulouse. Enfin, le site de Bordeaux sera amputé de 69 postes.

Les syndicats ont fortement critiqué ce plan, en rappelant aussi que Teleperformance France venait de clore un plan de départs volontaires visant 585 postes en 2009/2010.

Teleperformance emploie plus de 7.000 salariés en France. Le groupe présent dans 51 pays, possède notamment quatre sites en Tunisie (2.400 salariés) et est en train d’ouvrir un centre au Maroc.

La CFDT a réclamé l’ouverture d’un large débat sur les règles du marché entre centres d’appel et donneurs d’ordre et s’est interrogée sur "la volonté de Teleperformance de transférer des activités vers ses centres à l’étranger".

La CFE-CGC dénonce aussi "la fuite des activités vers la Tunisie et aujourd’hui au Maroc à la demande des donneurs d’ordre comme SFR, Orange, Bouygues, La Redoute, etc."

Jean-Hervé Jenn, président de Teleperformance France, a démenti ses allégations : "C’est faux, le plan social est lié à une baisse du volume d’activités en France". "Notre outil de production est aujourd’hui surdimensionné", a-t-il ajouté.

Le dirigeant a néanmoins expliqué que "le marché de l’offshore connaît toujours une croissance à deux chiffres, contre 3 à 4% en France".

AFP 08/07/2010


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