Brodard Graphique : un petit oui pour la reprise

Mercredi 30 juin 2010, par nico // Brodard Graphique

Les dés sont jetés. Et l’espoir, envolé depuis longtemps. Hier à 16 heures, les ouvriers de Brodard Graphique, à Coulommiers, ont voté à une courte majorité en faveur du plan proposé par Circle Printer, le seul candidat déclaré à la reprise de leur imprimerie.
A bulletins secrets, 58 employés se sont prononcés pour le rachat et 49 ont répondu non.

Un résultat annoncé dans une atmosphère de dépit et de résignation, hier après-midi. « Cela fait deux ans qu’on nous mène en bateau. Qui sait si ce repreneur ne va pas partir dans six mois ? s’interroge un cariste, la mine sombre, sûr d’être « sur la liste » des partants. J’aimerais juste m’en aller avec une indemnité un peu plus conséquente. »

Selon le plan proposé par Circle Printer, 60 des 150 Brodard devraient garder leur emploi. Dix autres pourraient être repris « si leurs compétences correspondent à celles attendues par l’entreprise », note Dany Corcessin, secrétaire du comité d’entreprise. Dix-neuf employés supplémentaires se verront proposer un transfert vers l’imprimerie de Mary-sur-Marne. Quant aux licenciés, « on leur offre 10000 € d’indemnités extralégales », poursuit le secrétaire.

L’activité, elle, va se réduire encore. Quatre des neuf rotatives continueront de tourner pour imprimer, notamment, des prospectus pour la grande distribution. « Pour le site, cette solution est la moins mauvaise mais pour les employés, j’avoue que je ne sais pas quoi penser », confie Bruno Marion, le délégué CGT. Autour de lui fusent les paroles amères. « Ils vont être contents, les nouveaux patrons ! fulmine un jeune, à l’issue du vote. Ils ont fait une bonne affaire en nous rachetant 25000 € ! Je ne m’en remets pas. » Didier, employé depuis quinze ans chez Brodard, acquiesce : « Deux des machines valent à elles seules 24 M€… C’est une escroquerie légale d’être vendus à ce tarif. » L’homme de 54 ans a pourtant voté pour la reprise. « A mon âge, je n’ai pas le choix, » explique-t-il.

Hier soir, le comité d’entreprise devait suivre le vote des employés et approuver le plan de reprise. Mais c’est le tribunal de commerce de Meaux qui, lundi, scellera définitivement l’avenir du site. « La reprise est en bonne voie, commente Pierre Chavanon, nommé depuis janvier manageur de crise par l’administrateur judiciaire. Après la décision, il faudra aller très vite, pour ne pas effrayer les clients et éviter d’aggraver le malaise des employés. » Le plan social, le second que subit le site en six mois, devrait être bouclé avant août. Hier soir, la direction appelait déjà les ouvriers, démobilisés depuis lundi, à reprendre le travail.

Le Parisien le 30/06/2010

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