Le constructeur Heuliez repris par un trio franco allemand

Mercredi 30 juin 2010, par nico // Heuliez

Ballotté depuis trois ans entre faux espoirs et promesses non tenues, le constructeur automobile Heuliez, basé à Cerizay, dans les Deux-Sèvres, a été finalement repris mercredi par le groupe français Baelen Gaillard Industrie (BGI)couplé aux groupes allemands ConEnergy et Kohl. Heuliez veut croire cette fois à un réel nouveau départ.

Le tribunal de commerce de Niort a préféré l’offre franco-allemande à celle déposée par le fonds d’investissement malaisien Delamore and Owl Group Companies.
Sur le site, à Cerizay, les salariés espèrent que les repreneurs tiendront leurs engagements. 481 salariés sur les 600 sont conservés. Les nouveaux repreneurs apportent 13,1 millions d’euros et s’engagent à reprendre, dans les 15 prochains mois, 80 salariés sur les 120 licenciés. BGI, société industrielle et familiale, reprend l’activité d’emboutissage. ConEnergy, société de services dans le secteur de l’énergie, et Kohl, société dans la santé, reprennent la partie véhicules électriques.
« C’est un des plus beaux jours de ma vie politique. On est entré au capital (à hauteur de 5 millions d’euros, soit 31%) de cette entreprise en laquelle nous avons toujours cru et ce, malgré les critiques », s’est réjouie Ségolène Royal, présidente PS de la région Poitou-Charentes, présente en fin de matinée au tribunal de commerce. Elle s’est rendue ensuite à Cerizay pour y signer le protocole d’actionnariat avec les repreneurs.

Elle a précédé Christian Estrosi qui, lui aussi, s’est rendu sur le site. « Heuliez est sauvé, un savoir-faire est sauvé, c’est un beau soulagement », a réagi le ministre de l’Industrie à son arrivée dans l’après-midi. Après avoir rencontré les repreneurs, il a annoncé « l’engagement de l’Etat à hauteur de 10 millions d’euros pour le véhicule électrique et 2 à 3 millions d’euros pour la partie emboutissage ». Commentaire de Royal : « Mieux vaut tard que jamais. »

Les syndicats se réjouissent également de ces nouveaux repreneurs. « Leur offre est solide », souligne Gilles Bineau, délégué syndical CFDT (majoritaire). « Heuliez est sauvée, mais nous sommes un peu déçus car ce n’est pas une reprise globale des salariés », a-t-il ajouté. Pour Claude Point, délégué CFDT, secrétaire du CE, « l’ère Heuliez s’arrête, c’est un nouveau départ ».

« C’est un grand jour pour Heuliez et nous sommes convaincus par l’électro-mobilité », a indiqué Oliver Bussick, un des manageurs de ConEnergy. « Nous espérons faire de nouveau briller le nom d’Heuliez qui a un savoir-faire. Et à deux (avec les groupes allemands), on est plus fort que tout seul », a indiqué pour sa part François De Gaillard.

Le groupe franco-allemand succède au groupe français Bernard Krief Consulting, spécialisé dans le conseil aux entreprises, et nommé le 8 juillet 2009 après un premier plan social et 400 licenciements sur 1 000 salariés. Mais BKC s’est révélé incapable d’apporter l’argent promis et l’entreprise, en grosses difficultés financières, a été placée de nouveau un an plus tard, le 21 mai 2010, en redressement judiciaire.

La première tâche des nouveaux repreneurs va être maintenant de redonner confiance aux 600 salariés et de lancer rapidement la fabrication de la « Mia », le dernier projet de voiture électrique, qui constitue l’ultime espoir de survie d’Heuliez. Fondée en 1920 par Adolphe Heuliez, l’entreprise avait débuté avec la construction de carrioles.

le Parisien le 30/06/2010

Répondre à cet article