Les Dekra défendent leurs acquis

Jeudi 1er juillet 2010, par nico // Dekra

« Autant de grévistes chez Dekra, je n’avais jamais vu ça ! » confie Ivan Wernert, délégué syndical CGT. Plus de cent salariés de la société d’expertise et de contrôle ont investi hier matin la cour de l’immeuble situé dans la zone industrielle de Bagneux. Sur le site travaillent près de 400 personnes rattachées aux directions générale et régionale.
Leurs collègues de province ont aussi suivi massivement le mouvement avec près de 90% des effectifs mobilisés à Toulouse (Haute-Garonne) et à Bordeaux (Gironde) selon la CGT.

Suppressions de postes

Les manifestants, prudemment installés à l’ombre, ont signé une pétition remise à leur directeur général. Celui-ci a reçu les organisations syndicales en milieu de matinée. « On nous rogne tous nos acquis petit à petit, peste l’un des salariés en colère. On a perdu deux jours de congé, les primes d’ancienneté sont gelées et les RTT remises en cause. » L’intersyndicale (CGT, CFDT, CFTC, FO et CGC) réclame la préservation du régime actuel, des augmentations salariales et un meilleur dialogue social.

Le ras-le-bol des employés de Dekra survient au terme d’une année au cours de laquelle l’entreprise a lancé un programme de restructuration. « Depuis deux-trois ans, le marché se révèle plus tendu, souligne Sophie Dominjon, la directrice marketing et communication de Dekra Industrial Services. Le chiffre d’affaires stagne ou baisse. »

Dekra a donc rassemblé trois filiales (équipement, construction et immobilier) au sein d’un même pôle. « Nous privilégions une offre client globale, explique Sophie Dominjon. L’an dernier, nous avons envisagé de supprimer 135 postes, mais seulement 10 se trouvent aujourd’hui concernés. »

Ces derniers mois, 45 personnes ont déjà quitté Dekra dans le cadre d’un plan de départs volontaires. « Cette réorganisation est dure à vivre, admet Sophie Dominjon. Nous discutons avec les représentants du personnel pour harmoniser les pratiques salariales entre les trois entités que nous avons regroupées. Nous avons la volonté d’aboutir à une situation équitable. »

La direction prévoit de dévoiler ses propositions à la rentrée. « Elle s’inscrit dans une démarche constructive, assure Sophie Dominjon. Elle n’a pas pour but de faire des économies sur les avantages sociaux. »

Le Parisien le 01/07/2010


Salaires, acquis sociaux : les Dekra en grève

Le spécialiste du contrôle sécurité est en pleine réorganisation
Une quarantaine de salariés venus de toute la région PACA étaient réunis hier matin à la direction régionale de Dekra à Aubagne afin de remettre au directeur régional une pétition.

Une quarantaine de salariés venus de toute la région PACA étaient réunis hier matin à la direction régionale de Dekra à Aubagne afin de remettre au directeur régional une pétition.

Ils sont venus de Toulon, Antibes, Avignon ou Vitrolles pour répondre à l’appel à la grève de l’intersyndicale CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC qui leur avait donné rendez-vous hier matin à Aubagne au siège de la direction régionale de Dekra dans la zone d’activités de l’Aumône vieille. Une quarantaine de salariés en colère et inquiets pour leurs conditions de travail, leurs salaires et leurs acquis sociaux, qu’ils craignent de voir revus à la baisse du fait de la situation de l’entreprise, en pleine réorganisation. Lors de ce rassemblement, ils ont remis une pétition faisant état de leurs multiples revendications au directeur régional Hubert Humblot qui a reçu sans heurts une délégation (CGT et CFDT) une heure durant.

Dekra, spécialiste du contrôle en sécurité et prévention des risques techniques et technologiques, est une société créée en 1883, aujourd’hui filiale industrielle de Dekra AG dont le siège est à Stuttgart en Allemagne et forte de 2600 salariés en France.

Zéro licenciement

Jusqu’en 2009 Dekra se constituait de trois entités : Dekra construction, Dekra équipement et Dekra immobilier. En septembre, en raison "d’un marché tendu, d’une pression sur les marges et d’un chiffre d’affaires qui stagnait voire qui était en baisse", explique-t-on au service communication de l’entreprise à Paris, les trois entités ont été regroupées en une seule, Dekra Inspection. 135 postes étaient alors menacés de suppressions. Neuf mois plus tard, après beaucoup de "turn over" et un plan de départ volontaire pour 45 salariés, "on ne parle plus que de dix licenciements" dit la CGT. "Nous allons leur faire des propositions de reclassement dans l’entreprise", assure-t-on à Paris. Ces dix personnes, c’est notre priorité, on espère zéro licenciement". La question est toujours en discussion.

Intéressement

Pour les salariés, c’est aussi au niveau des acquis sociaux et de l’intéressement que ça coince : "Nous n’aurons pas d’intéressement cette année car cela va servir à payer le plan de départ volontaire", dit un gréviste. "Les augmentations de salaires, on n’en a pas eu depuis des années. À 52 ans, avec 10 ans d’ancienneté je suis payé 1300 euros net", ajoute un second. "Nous demandons une prime de 900 euros pour compenser l’intéressement et voulons le maintien des deux jours de congés supplémentaires et les 6 jours de RTT". Et un groupe de salariés d’insister sur les conditions de travail au quotidien : "On nous en demande toujours plus, il y a de plus en plus d’arrêts maladie, tout se passe toujours en urgence, on ne travaille pas sereinement et les jeunes qui sont embauchés ne sont pas suffisamment formés. Nous-mêmes on ne participe plus à des formations. De cinq ou six par an on est passé à une. Tout est géré au jour le jour. On passe de moins en moins de temps chez les clients, on nous demande juste de faire du chiffre". A la communication de la société on concède que "cette réorganisation a un coût", que l’intéressement sera "moindre" mais pas nul et que compte tenu de la morosité de l’année dernière, du turn over, du marché tendu... "ce sentiment de crainte est légitime."Mais de rassurer : "Notre priorité ce sont les dix salariés, concernant les acquis sociaux une discussion est en cours. L’objectif étant d’avoir une approche équitable et d’homogénéiser la situation" . La réponse est attendue pour septembre.

La Provence le 01/07/2010

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