Fermé dans un an, Faurecia s’enfonce dans la grève

Mardi 29 juin 2010, par nico // Faurecia

Depuis hier matin, les grévistes bloquent l’entrée de l’usine Faurecia de Saint-Nicolas-de-Redon. Dans la journée, la direction du groupe a dénoncé la séquestration de trois cadres. Une trentaine de salariés sont convoqués, ce matin, devant le tribunal de grande instance de Saint-Nazaire.

Le conflit social s’enlise à l’usine de Saint-Nicolas-de-Redon. Hier, les grévistes ont bloqué les entrées avec des chaînes. La direction dénonce une séquestration. Une trentaine de salariés sont assignés en justice.

Reportage

18 h, hier. Autour des grilles de l’usine Faurecia de Saint-Nicolas-de-Redon, les salariés grévistes cherchent l’ombre. L’équipe d’après-midi a pris le relais de celle du matin. Rien n’entre, rien ne sort. L’activité du sous-traitant automobile est à l’arrêt.

Depuis le matin, des chaînes entravent les grilles de l’entrée du parking. Le conflit social, entamé depuis le 18 juin, est monté d’un ton. « Dès 4 h 30, nous avons bloqué l’accès à l’usine. Les non-grévistes et les intérimaires ont fait demi-tour », raconte Denis David, de la CFDT.

La direction à l’intérieur

Le directeur, Jean-Philippe Coisnard, nommé jeudi après la démission de Michel Caillon, et deux cadres, le directeur de la production et le directeur technique, accompagné d’un huissier de justice, étaient déjà rentrés. « D’habitude, ils arrivent vers 8 h », constate une gréviste.

Vers 13 h, ils se sont rendus à la grille. Pour demander aux grévistes de « mettre un terme sans délai à cette séquestration, de lever l’obstruction faite à la libre entrée et sortie des personnes et des biens et de reprendre les négociations ».

Séquestration. Le mot est repris en fin d’après-midi dans un communiqué de la direction du groupe qui dénonce « une action illégale et une situation inacceptable ».

Faurecia insiste, au passage, sur « les mesures d’accompagnement du personnel, les 40 solutions externes de reclassement, les propositions significatives en terme d’emploi », faites par le groupe depuis l’annonce de la fermeture du site.

Une usine en sursis. Les grévistes arborent tous un badge. Dessus, le chiffre 357. Comme le nombre de jours de travail qui leur reste avant de perdre leur emploi. Désabusée, une ouvrière ironise : « Ils nous disaient avant qu’on était les meilleurs... »

Dans ce climat, l’annonce du transfert de certaines machines a mis le feu aux poudres. Les syndicats réclament « un maintien total des effectifs jusqu’à la fermeture de l’usine, en juin 2011, et une prime de 10 000 € pour reprendre le travail ». Pour Lilian Brunet, de la CGT, « Faurecia ne veut pas remettre d’argent sur la table ».

La grève comme un baroud d’honneur ? Jusqu’ici, les Faurecia n’avaient jamais exprimé aussi fortement leur grogne. « Il y a six mois, certains ne croyaient toujours pas qu’on allait fermer. Ça tournait à plein régime », remarque Jean-Pierre Robert, délégué CFDT.

Devant le tribunal

Un sentiment domine au pied de l’usine. Celui de n’avoir plus rien à perdre. Vers 19 h 30, les trois cadres viennent discuter. Chacun campe sur ses positions. « La grille est ouverte, ils peuvent s’en aller s’ils le souhaitent », insiste Lilian Brunet.

Pour sortir du conflit, par contre, personne ne semble prêt à pousser la porte. Dans l’après-midi, une trentaine de salariés ont reçu la visite d’un huissier de justice à leur domicile. Ils sont convoqués, aujourd’hui, à partir de 10 h, au tribunal de grande instance de Saint-Nazaire suite au blocage total de l’usine.

Ouest-France le 29/06/2010

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