Bobcat : les grévistes veulent un interlocuteur

Samedi 26 juin 2010, par cclpv // Bobcat

Les salariés de l’entreprise de chariots télescopiques à Pontchâteau poursuivent leur grève totale. Un jugement du tribunal va tomber aujourd’hui.

L’ambiance reste tendue, cette semaine pour les salariés de Bobcat, l’usine de chariots télescopiques qui envisage un plan de 113 licenciements, à Pontchâteau. Les salariés qui sont en grève à plus de 80 % ont été accueillis par un huissier sollicité par la direction, lundi matin, à leur arrivée sur le site.

Ils ont voté la poursuite de leur mouvement de grève et sont partis rencontrer le maire de Pontchâteau en défilant dans les rues. Ils estiment que la médiation menée par le sous-préfet de Saint-Nazaire vendredi dernier, n’a pas permis d’obtenir des propositions suffisantes de la part de la direction. Les dernières rencontres ont permis d’obtenir une prime de licenciement plancher de 18 000 € par salarié, à laquelle s’ajouteraient 1 000 € par année d’ancienneté.

Drames financiers

Pour Gérard Bourguenolle, secrétaire du comité d’entreprise, « c’est encore largement insuffisant pour un plan social qui va frapper un bassin d’emploi déjà lourdement menacé par la crise de l’industrie navale. Avec ces niveaux de primes, il n’y a aucune prise en compte des drames financiers qui se préparent dans les familles de salariés. » Les salariés demandent une prime de 60 000 €.

Les délégués ont adressé un courrier à leur direction européenne pour que celle-ci « désigne un nouveau représentant ayant tous les pouvoirs pour mener à bien les discussions dans l’intérêt du site de Pontchâteau et de l’ensemble des salariés », estimant que le directeur local n’a pas les coudées assez franches pour reprendre les négociations. « Une nouvelle réunion est prévue aujourd’hui, mais à quoi bon y participer si il n’y a pas d’avancées ? », s’interroge un représentant du personnel.

Ce mardi, une délégation des salariés va se rendre au marché de Saint-Nazaire pour une distribution de tracts avant un pique-nique devant le palais de justice. A 14 h, le tribunal doit rendre son jugement. Les élus du comité d’entreprise et le cabinet d’experts ont saisi la justice, estimant que la direction n’a pas diffusé les documents nécessaires pour apprécier la réalité de la situation économique et sociale de l’entreprise, qui doit permettre de justifier le plan social.

Ouest France 22/06/2010


Les « Bobcat » déboutés en justice, action sur le pont de Saint-Nazaire

JPEG - 66.4 ko
Les salariés écoeurés à la sortie du tribunal

Le tribunal de Saint-Nazaire n’a pas donné raison au comité d’entreprise de Bobcat. Les élus avaient assigné la direction en référé estimant de ne pas disposer de suffisamment d’informations pour donner un avis sur le plan social. Ils n’ont pas obtenu gain de cause. « Une décision incompréhensible », selon le délégué CFDT Gérard Bourguenolle.

La grève se poursuit dans un climat délétère. Hier, c’est la direction du fabricant de chariots télescopiques qui a décidé d’assigner en justice le même délégué CFDT pour exiger le déblocage de l’usine. Le blocus étant levé, rien n’a été retenu contre lui. En attendant, les salariés écœurés poursuivent leurs actions. Ils viennent de prendre la décision de bloquer le pont de Saint-Nazaire.

Presse Océan 22/06/2010

Répondre à cet article