Sachs aux prud’hommes pour "licenciements abusifs" ?

Samedi 12 juin 2010, par nico // Sachs

Leur volonté de se battre est rapidement remontée à la surface, jeudi soir, lors d’une réunion à Mouy : les ex-salariés de l’entreprise ZF-Sachs de Mouy sont plus que jamais déterminés à améliorer les conditions de leur licenciement, une situation effective pour la plupart depuis août 2009.
C’est dans cette optique qu’une poignée d’entre eux avait sollicité Me Fiodor Rilov, avocat au barreau de Paris, pour évaluer les chances de succès en cas de recours contre leur ancien employeur devant le conseil des prud’hommes.
Aussi, plus d’une soixantaine de personnes (et près de quatre-vingt-dix représentées) se sont regroupées dans la salle Alain-Bashung pour écouter l’homme de loi échafauder sa stratégie, pour autant que les anciens Sachs lui confient la mission de les représenter devant la juridiction au tribunal de Beauvais.

Nombre réel d’employeurs, bénéfices du groupe, délocalisation de l’usine mouysarde en Turquie, absence de propositions de reclassement au sein d’un groupe de 50000 salariés répartis dans 122 sites de 26 pays, Me Rilov a passé en revue les domaines qui lui paraissent présenter un intérêt pour défendre au mieux la cause des ex-Sachs.
« Dans votre cas, le juge devra tenter de définir si l’employeur a vraiment mis tout en œuvre pour le reclassement des ex-salariés, a indiqué Me Rilov. Beaucoup de groupes licencient en ne respectant pas le Code du travail, a lancé l’avocat. Et des employeurs intègrent même dès le départ de la procédure le coût financier potentiel d’un recours des ex-salariés. »
Pratiquement, il a expliqué le fonctionnement du tribunal des prud’hommes et décliné son éventuelle intervention pour les ex-Sachs à titre individuel et non collectif. « Je ne garantis pas le succès devant le tribunal, a tempéré l’avocat, mais les chances de victoires sont élevées. Car je peux vous aider à prouver que vos licenciements sont illégaux. »

Les ex-Sachs ont jusqu’à la fin du mois pour remettre ou pas leur sort entre les mains de Me Rilov. « Je compte déposer les dossiers en juillet et j’espère que l’audience sera programmée en octobre-novembre », a précisé l’avocat, qui a avoué que la procédure peut toutefois durer deux ans. Le passé de Me Rilov plaide en sa faveur. En novembre 2004, défenseur des 101 membres du collectif des ex-salariés de la société de papiers peints Essef, dans la commune voisine de Balagny-sur-Thérain, il avait obtenu un accord satisfaisant avec le liquidateur judiciaire pour gonfler les indemnités de licenciement, même s’il n’avait pas décroché les quatre années de salaire par plaignant pour près de 10 M€ au total initialement réclamés.

Le Parisien le 12/06/2010

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