Moins de profs dans les collèges parisiens

Samedi 12 juin 2010, par nico // Education Nationale

A la rentrée prochaine, le nombre de professeurs des collèges diminuera à Paris.Un syndicat dénonce des suppressions de postes plus importantes dans les arrondissements du nord.

L’Education nationale chouchoute-t-elle les collèges des arrondissements « chics » au détriment de ceux des quartiers « populaires » ? Selon le syndicat d’enseignants Snes, les suppressions de postes vont être concentrées sur certains collèges en difficulté. Des établissements situés pour la plupart dans les arrondissements populaires.

« Quarante postes d’enseignants vont disparaître à la rentrée. Les arrondissements du nord seront les plus pénalisés, explique Thierry Ananou, secrétaire académique du Snes-Paris. Les collèges du XVIIIe compteront 9 profs de moins à la rentrée et ceux du XIXe en perdront 12. » Le rectorat avance, lui, d’autres chiffres. « Il y a effectivement suppression de 42 postes, mais nous en créons dans le même temps 24 », explique Philippe Fatras, inspecteur d’académie. Au total, selon le rectorat, cela fait 18 postes en moins dans la capitale, dont un seul dans le XVIIIe et 8 dans le XIXe.
« Les collèges du centre de Paris ne sont pas du tout confrontés au même problème. Si l’on regarde les 8 premiers arrondissements, on constate qu’ils ne perdent globalement aucun poste », affirme Thierry Ananou. Un résultat logique si l’on s’en tient au mode d’attribution des postes dans l’Education nationale. En effet, le nombre d’heures de cours et de professeurs attribués à un établissement dépend du nombre d’élèves qui y sont scolarisés. Or les collèges des XVIIIe et XIXe scolarisent de moins en moins d’enfants.
Assouplissement de la carte scolaire, volonté des parents de mettre absolument leurs enfants dans des collèges du centre, mauvaise réputation de certains établissements… Selon le syndicaliste, « il y a une fuite des élèves de ces collèges. » Principales destinations : les établissements publics du centre, ceux des quartiers huppés, comme Buffon dans le XVe, et les collèges privés. Un véritable cercle vicieux. Les collèges qui gagnent des élèves obtiennent des financements supplémentaires, agrandissent leur catalogue d’options, ce qui attire les bons élèves… « A l’inverse, les établissements étranglés par le manque de moyens sont obligés de faire des choix, réduisant ainsi leur attractivité », souligne Thierry Ananou.

Seule solution pour soutenir les collèges en difficulté : leur octroyer plus d’argent. « On fait de la discrimination négative. Le rectorat met des moyens là où se trouvent les élèves. Mais il faudrait surtout les mettre là où se trouvent les difficultés », explique Thierry Ananou. Ce n’est pas l’avis de Philippe Fatras, inspecteur d’académie qui assure que le rectorat met « plus de moyens pour les établissements situés dans les quartiers populaires ».

Le Parisien le 12/06/2010

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