Les Thomson manifestent à Paris

Vendredi 4 juin 2010, par nico // Technicolor (Thomson)

Nouvelle action aujourd’hui des salariés de Technicolor, une filiale du groupe Thomson Grass Valley, dont le centre est implanté à Conflans. Cette entreprise, spécialisée dans la vidéo et la diffusion télé, envisage de supprimer 119 postes sur les 388 du site. Alors qu’ils contestent le plan social, les employés ont prévu de bloquer l’usine de la ZAC des Boutries, ce matin à Conflans, avant d’aller protester à Paris.

Les personnels des centres de Brest (Finistère) et de Rennes (Ille-et-Vilaine), touchés eux aussi par des réductions d’effectifs avec respectivement 26 et 182 postes en moins, doivent se joindre au mouvement. Les manifestants doivent se rassembler devant les sièges de France Télévision, TF 1 et Canal +, qui figurent parmi leurs clients. Ils iront également crier leur colère devant le siège de Technicolor, à Issy (Hauts-de-Seine).

Le Parisien le 03/06/2010


Colère en Technicolor pour les ex-Thomson

Trois cents salariés du groupe spécialisé dans la conception et la fabrication de systèmes vidéo et d’image numérique sont contre la vente de l’activité Grass Valley.

Nouvelle étape dans le dépeçage du groupe Technicolor, ex-Thomson, toujours empêtré dans la négociation de ses dettes. Hier, près de 300 salariés ont manifesté contre la vente de l’activité Grass Valley, devant le siège de France Télévisions, puis celui de TF1, clients historiques de l’ancienne entreprise publique. « Sans Grass Valley, nous ne pourrons plus assurer leur maintenance », affirme Jean-Pierre Ottavi, délégué syndical central CFDT chez Technicolor et secrétaire de l’intersyndicale CFDT, CGT, FO, SUD.

Deux opérations ont actuellement lieu dans le groupe, spécialisé dans la conception et la fabrication de systèmes vidéo et d’image numérique. L’année dernière, la vente groupée de sa filiale Grass Valley a échoué. « La première étape, pour Frédéric Rose, notre PDG, est donc de rendre la mariée plus belle », explique Dominique Jégou, délégué CGT. Pour lifter Grass Valley, qui affichait environ 45 millions d’euros de perte en 2009, Technicolor a lancé un plan de restructuration. Au total, 327 suppressions de postes sont prévues, pour rééquilibrer les comptes. « Cela ne sera pas suffisant », tacle Dominique Jégou.

Deuxième étape, la division de Grass Valley en trois unités, pour faciliter sa vente  : le « broadcast » (fabrication de matériel télé), la « tête de réseau » (encodage et compression) et la « transmission » (fabrication d’émetteur télé ou radio). « Si, malgré tout, Technicolor ne parvient pas à vendre Grass Valley, la direction risque de déposer le bilan. Si nous trouvons un repreneur, nous risquons de tomber sur un fonds de pension qui pressera le citron avant de déposer lui-même le bilan », résume Jean-Pierre Ottavi. En cas de vente réussie, Technicolor verra son cœur de métier restreint aux DVD, aux traitements de films et à la 3D. Pour Pascal Lareur, délégué CFDT à Brest, « le projet de vente n’est pas viable et risque de fragiliser le groupe, la filiale et même les clients. » « Certains nous ont déjà lâchés, comme Canal Plus », rappelle Dominique Jégou, de la CGT. Selon Jean-Pierre Ottavi, ce sera surtout le début du démantèlement et de l’externalisation totale des activités de production. « Notre PDG, qui vient d’Alcatel, veut appliquer la même stratégie d’un groupe sans usine », estime le cédétiste. Dans les usines, l’inquiétude prévaut. Michel Ménard est technicien depuis trente ans sur le site de Rennes, qui sera le plus touché par la restructuration, avec 189 postes en moins, sur environ 400 salariés. « On ne voit pas comment on va pouvoir continuer les activités d’encodage et de compression avec autant d’effectifs en moins. La direction a prévu de modifier les protocoles de production, mais on n’y croit pas. »

l’humanité le 04/06/2010

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