Midwestvaco Châteauroux : Mead descend dans la rue

Samedi 29 mai 2010, par cclpv // Meadwestvaco


Les “ Mead ” engagent un bras de fer pour leur survie

Châteauroux. Symbole des entreprises en difficulté dans ce tour d’horizon social indrien, Meadwestvaco menace l’avenir de 162 familles.
Thierry Jambu était en colère, lundi dernier. Le délégué syndical CGT de Mead Emballage venait de rencontrer le préfet de l’Indre. « Il ne peut rien pour faire respecter un engagement pris par la direction en mai 2009. Même la parole d’État ne vaut plus rien. On s’est fait trahir. » Il y a dix mois, la direction avait en effet laissé une porte entrouverte à la survie du site castelroussin : 223 suppressions de postes contre 119 créations avec investissement dans une machine offset neuve et une pérennisation du site pendant cinq ans.

“ Délocalisation
de production organisée ”

Le plan social a fait son œuvre en fin d’année (94 licenciements) et la machine n’est jamais arrivée. Les « Mead » se sentent désormais trahis par une multinationale qui invoque des raisons économiques pour fermer le site de Châteauroux. « Ils ont remis en cause 42 ans d’acquis sociaux. Ils ont demandé plus de flexibilité. Ils ont licencié. A présent, ils veulent fermer le site et licencier 162 salariés de plus (NDLR : 143 d’après la direction) ! », s’emporte Thierry Jambu.
Ce qui énerve le syndicaliste, c’est d’observer la destruction en règle d’un outil de production viable. « Châteauroux est le seul site en Europe où nous produisons du format 7. La direction affirme que ce n’est pas rentable mais vient d’acheter cette machine pour l’Allemagne. C’est de la délocalisation de production organisée. » Le « Mead » va même plus loin en évoquant un « projet xénophobe » : « On a déjà entendu que, comme nous étions Français, nous étions des bons à rien. »
Que va-t-il se passer ? « Les salariés ont la haine », d’après Thierry Jambu qui s’attend à un conflit dur. Type « Conti » ou « New Fabris ».

Maville.com 12/02/21010


Mead descend dans la rue

Châteauroux. Les négociations la direction de Mead et les salariés étaient toujours dans l’impasse, hier.

Pôle emploi est notre futur employeur, lance un salarié désabusé. Un autre, âgé de 50 ans, avec vingt-huit années d’ancienneté, ne comprend plus l’obstination du groupe MeadWestvaco : « De l’imprimerie, je suis passé à la coupe. On a transféré des commandes dans l’usine allemande qui n’arrive pas à effectuer le surplus de travail par manque de savoir-faire. A 50 ans, c’est foutu pour retrouver un emploi. On nous casse. »

Il est 13 h 30. La majorité des salariés de l’entreprise castelroussine sont rassemblés au pied de l’hôtel Best Western où se déroule le bras de fer entre le comité d’entreprise et la direction de Mead depuis 9 h. « Elle veut l’avis du comité d’entreprise sur le plan social économique (PSE), mais le CHSCT (comité d’hygiène de sécurité et des conditions de travail) ne rend pas d’avis car le PSE et les mesures d’accompagnement ne sont pas à la hauteur des demandes », explique José Loureiro, délégué CFDT. Christophe Weiss, de Force ouvrière, précise : « Il est inadmissible d’autoriser des délocalisations d’entreprises qui marchent bien. La fermeture n’est pas justifiée et la direction se moque des conséquences. Si on ne donne pas notre aval, elle ira en justice. »

Après une longue attente, les salariés ont manifesté dans les rues de la ville jusqu’à la préfecture, en déballant tout ce qu’ils avaient sur le coeur et des kilos de cartons. De son côté, la direction de MeadWestvaco précise dans un communiqué : « Nous avons donné au comité d’entreprise les informations nécessaires afin qu’il puisse rendre un avis éclairé sur ce projet et nous considérons que le refus du comité d’entreprise de formaliser son avis traduit son désaccord avec ce projet, déclare Michèle Florsch, directrice des ressources humaines. Dans ces conditions, nous considérons que la procédure d’information et de consultation du comité d’entreprise sur ce projet est close. »

Le prochain rendez-vous, avec le CHSCT est fixé au 2 juin.« Mais nous pensons déjà à d’autres actions », annoncent les salariés.

’’ Je dis cela, Monsieur le Préfet avec une extrême gravité ’’
Ainsi, Dominique Roullet, chef de file du PS dans l’Indre, vient-il de s’adresser au préfet de l’Indre, Philippe Derumigny, en évoquant la situation de Mead.

Après avoir abordé avec insistance le devenir de La Martinerie après le départ du 517 e RT et les « 3.200 pertes d’emplois dans l’Indre en 18 mois, selon les chiffres de l’Urssaf », l’élu régional en vient à Mead avec gravité. « Sur son site Internet, le groupe MeadWestvaco a présenté des solutions d’emballage au Salon européen des produits de la mer [...] Une gamme complète de solutions en carton pour l’emballage primaire et secondaire des produits de la mer congelés ». Il évoque les nombreuses « marques renommées » auxquelles Mead « offre des solutions » et demande « à l’État d’intervenir pour que ces emballages soient fabriqués sur le site de Châteauroux dans le cadre d’un projet de reconversion pour sauver la totalité des emplois ». Pas de réponse, encore, à cette lettre datée du 7 mai.

La Nouvelle République 27/05/2010

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