Raffinerie des Flandres : les salariés se sont invités à la Conférence européenne des villes durables

Lundi 24 mai 2010, par cclpv // Total

Ils avaient annoncé une action pour vendredi, ils ont tenu parole. Hier, vers 10 h, près de cent salariés de la Raffinerie des Flandres, accompagnés d’une délégation de l’Union locale CGT, ont débarqué au Kursaal, où se tenait la Conférence des villes durables. Objectif : interpeller le ministre de l’Écologie, du Développement et de l’Aménagement durables, Jean-Louis Borloo, initialement prévu, qui n’a finalement pas pu se rendre à Dunkerque.

Face à l’entrée du Kursaal, les salariés de Total ont déroulé une banderole de 30 mètres de long, sur laquelle figurait cette inscription : « Non au déclin industriel et portuaire du littoral dunkerquois. » « Le développement durable relève de la compétence des collectivités territoriales. Comment développeront-elles et financeront-elles leur politique dans ce domaine si on ferme nos industries, et en sachant que l’on a déjà supprimé la taxe professionnelle ? », s’interroge Christelle Veignie, secrétaire de l’Union locale CGT.

« Nous sommes raffineurs, mais pas seulement, enchaîne Philippe Wullens, délégué SUD à la Raffinerie des Flandres. Ce que l’on veut en effet montrer, c’est que Total est tout à fait capable d’avoir un projet novateur en matière de développement durable, tout en maintenant une industrie à Dunkerque. Au lieu de ça, que fait le groupe ? Il décide de renoncer à son projet de biocarburants Bio T Fuel. » « Ce que l’on veut, c’est sauvegarder un maximum d’emplois sur Dunkerque et on continue à y croire (...). Avec sa décision de ne pas maintenir le projet Bio T Fuel, Total n’a pas tenu ses promesses », déplore Clément, un jeune salarié de la raffinerie, tout en étant conscient que « seule une mobilisation nationale pourra faire bouger les choses ».

Pour l’heure, le projet de la direction du groupe pétrolier, qui devrait être confirmé le 17 juin à Paris dans le cadre d’un ultime CCE, devrait principalement concerner la création d’un centre d’assistance technique, que pourraient intégrer 180 des 380 salariés de la Raffinerie des Flandres. « Le problème, c’est que l’on nous demande de parler quatre langues : français, néerlandais, anglais et allemand. On peut être compétent en matière de raffinage, mais vu le profil recherché, nos CV iront tout droit à la poubelle », ironise Philippe Wullens. « En dehors du dépôt pétrolier, qui ne concernera que quinze personnes, le projet de Total n’a rien d’industriel. Le développement durable, on veut bien y travailler, à condition que le projet reste pérenne et tourné vers l’industrie », insiste Benjamin Tange, pour la CGT.

Après un barbecue organisé place du Centenaire (derrière le Kursaal, côté mer), histoire de se faire bien voir des congressistes, les salariés de la Raffinerie des Flandres se sont fixé rendez-vous le 26 mai pour une nouvelle intersyndicale.

La Voix du Nord 22/05/2010, repris sur le blog de salariés de la raffinerie Total des Flandres

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