Un millier de postes sur la sellette en 2010 aux Hôpitaux de Paris

Mardi 18 mai 2010, par nico // Hôpitaux

La note de cadrage est arrivée il y a dix jours dans les hôpitaux parisiens ; elle sera discutée aujourd’hui entre la direction et les médecins et pourrait une nouvelle fois mettre le feu aux poudres. Avant de dévoiler fin juin, son plan d’orientation stratégique pour les années à venir, l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) met la dernière main à son budget 2010 (EPRD), avec l’objectif assumé de « rétablir progressivement l’équilibre des comptes ». L’AP-HP affiche un déficit record de 96 millions d’euros (sur un budget de 6,5 milliards).

La direction envisage donc de réduire ses effectifs : selon la note de cadrage, qui constitue une première ébauche de l’EPRD, 678 équivalents temps plein (ETP) ne seraient pas renouvelés parmi les personnels non médicaux ; 51 départs en retraite de médecins ne seraient pas remplacés ; enfin, 300 postes seraient supprimés suite à des réorganisations spécifiques. Au total, la suppression d’un millier de postes (sur 87.000) « médicalement justifiée » serait ainsi gravée dans le marbre.

Une première mouture contestée

Les grands groupes hospitaliers (Pitié-Salpétrière, Bichat-Beaujon, Saint-Antoine-Tenon-Trousseau...) seraient davantage mis à contribution, tandis que Robert Debré (à l’équilibre financier) et Necker (qui accueille des transfuges de Saint-Vincent de Paul) seraient assez épargnés. Ces suppressions de postes envisagées sont supérieures à l’an passé (600 emplois), même si la direction indique avoir réduit de 30 % les suppressions d’ETP initialement prévues.

En sus des emplois, l’AP-HP souhaite « mobiliser l’ensemble des leviers possibles » pour faire des économies : « augmentation de l’activité, amélioration de la facturation et amélioration de l’efficience globale de chaque groupe hospitalier ». En économisant sur la logistique (médicaments) et la gestion des gardes, elle espère obtenir 12 millions d’euros. Enfin, elle table sur 10 millions de recettes supplémentaires. Au total, les économies se monteraient à 80 millions d’euros, grâce notamment à 54 millions de gains liés aux réductions de postes, et 11 millions grâce à la rationalisation du siège de l’AP-HP.

Cette première mouture est « assez mal accueillie dans les hôpitaux » dénonce Bernard Granger, un des leaders du mouvement de contestation côté médecins. A l’automne dernier, des annonces similaires avaient donné lieu à des menaces de démission des médecins. Prudente, la note de cadrage précise que ces mesures « sont encore susceptibles d’ajustement au titre des négociations avec la tutelle comme au titre des discussions de la campagne budgétaire » ». Des discussions vont avoir lieu jusqu’au vote définitif du budget, prévu en juillet.

les échos le 18/05/2010

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