Nouveau coup de massue sur les salariés d’ABB

Mardi 18 mai 2010, par nico // ABB

Après 277 licenciements, la société de Saint-Ouen-l’Aumône entame un nouveau plan social, qui entraînerait 156 suppressions de postes.

La menace d’un nouveau plan social chez ABB a pris de la consistance hier. La première réunion du comité central extraordinaire (CCE) de cette entreprise de robotique automobile, filiale d’une multinationale suisse, installée à Saint-Ouen-l’Aumône devait porter sur le seul examen de la situation économique du secteur de la robotique.

156 suppressions de postes sont dans la balance alors que les 277 suppressions du plan précédent sont encore en cours. Or la direction a frappé fort en proposant d’emblée la même prime de départ que celle accordée aux licenciés du premier plan social, sans autre négociation possible.

Quelques minutes après le début de la rencontre, les représentants du personnel ont ainsi rapporté la proposition de Pierre Saint-Arnaud, patron d’ABB France : 36500 € de prime de départ. Abasourdi, le personnel, massé devant les grilles de la chambre de commerce de Pontoise où se tient la réunion, semble tétanisé. Rapidement, certains laissent toutefois éclater leur colère : « On n’est pas d’accord. Qu’est-ce qu’ils font de la souffrance morale ? Après le premier plan social, la direction a réuni tout le monde à Senlis (NDLR : Oise) à la mi-janvier pour nous remotiver, explique Philippe, cariste-magasinier, chez ABB depuis seize ans. Et aujourd’hui, elle nous met dehors. On veut plus et, s’il le faut, on va durcir nos positions, c’est pas un problème. » Des salariés rappellent que seulement seize des licenciés du plan précédent ont retrouvé du travail, dans un contexte de crise qui continue de durer.

Les soixante-dix salariés rassemblés hier ont indiqué vouloir plus, voire le double. Un autre magasinier avance l’objectif de partir avec « 70000 €, en plus des indemnités légales ». Lors du plan social précédent, les salariés demandaient 100000 € au début des négociations alors que la direction proposait 19000 €. « A 63 ans, j’ai peu de chance de retrouver du travail, poursuit le magasinier, alors il me faut de quoi voir venir. » Tous soulignent que leur entreprise n’est pas aux abois, mais « continue à engranger des bénéfices à l’international ».
Une nouvelle réunion se tient aujourd’hui. La direction n’a pas souhaité communiquer pour l’instant.

Le Parisien le 18/05/2010

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