Le conflit s’enlise à la Poste

Samedi 15 mai 2010, par nico // La Poste

La grève à la Poste des Hauts-de-Seine se poursuit. Entamée dans les établissements d’Asnières, Châtillon et Clamart fin avril, à l’appel de la CGT et de SUD, en riposte à la mise en place de Facteur d’avenir — un dispositif qui prévoit la baisse du nombre de tournées pour s’adapter au déclin du trafic postal —, elle se durcit sans toutefois s’étendre.

Syndicats et direction de la Poste des Hauts-de-Seine continuent à se renvoyer la balle : « La direction s’était engagée à nous recevoir, mais elle ne l’a pas fait, relève Gaël Quirante, secrétaire départemental adjoint de SUD. Pire, deux postiers ont mis à pied et trois suspendus. Quinze autres ont reçu des blâmes. La vérité, c’est que la direction a décidé de ne pas négocier, même si elle a pris cet engagement devant le maire de Clamart. »

Gaël Quirante regrette la tournure des événements sur le centre de Clamart. « Là-bas, il y a la présence d’un maître-chien, on a affaire à des patrons voyous. Jusqu’à présent, on a fait preuve de mesure, mais si on nous traite par le mépris, on va se donner les moyens. » Manière de laisser entendre que le conflit pourrait s’étendre.

Président de la commission départementale de présence postale territoriale (CDPPT), Thierry Solère précise que la réorganisation au cœur du conflit est pourtant « conforme aux accords signés à la fin du conflit de Boulogne l’hiver dernier » entre direction et syndicats. « On voit bien que cette affaire n’est pas syndicale, mais politique, poursuit le vice-président UMP du conseil général. Les amis du Nouveau Parti anticapitaliste de Monsieur Besancenot cherchent à faire parler d’eux en prenant en otages usagers et agents de la Poste. »
De son côté, la direction de la Poste des Hauts-de-Seine réaffirme que « seul 3% des postiers » du département sont en grève. Elle dénonce le fait qu’à Clamart « les représentants du personnel ne se sont pas présentés à une rencontre qui était prévue ce matin (NDLR : hier matin) » et qu’à Chatillon « la plate-forme de distribution a été bloquée de 6 heures à 9 h 50 par des manifestants. Les non-grévistes n’ont pu entrer et effectuer leur travail ». Or, poursuit-elle, « la Poste a précisé le 12 mai qu’elle ne reprendrait les négociations que si, et seulement si, les centres ne sont plus bloqués par les grévistes ». La direction se dit toujours prête à négocier dès lundi, « sous réserve que les centres ne soient plus bloqués et que les non-grévistes puissent travailler ».

Le Parisien le 15/05/2010

Répondre à cet article