Les salariés de Durisotti "lancent un premier avertissement"

Jeudi 29 avril 2010, par nico // Durisotti

Hier une partie du personnel de Durisotti s’est rendue en cortège jusqu’à la sous-préfecture de Lens afin d’y déposer un cahier de doléances. Une façon d’exprimer leur désaccord concernant le plan de sauvegarde de l’emploi proposé par la direction de l’entreprise sallauminoise.</intro

C’est en assemblée générale que l’intersyndicale CGT et UNSA (Union nationale des syndicats autonomes) a décidé du mouvement. « Nous voulons lancer un avertissement au patron », indique William Wolgusiak, délégué UNSA. En effet, depuis le mois de décembre 2009, les rumeurs, concernant de possibles licenciements au sein de cette entreprise sallauminoise de transformation de véhicules qui emploie 450 personnes, allaient bon train. « La semaine dernière, la direction nous a présenté le plan de sauvegarde de l’emploi en nous précisant qu’il y aurait 76 suppressions de postes d’ici le mois de juillet, poursuit-il. Puis elle nous a détaillé les conditions de départs. Des conditions qui ne nous satisfont pas du tout. » Dans le cahier de doléances que les syndicats ont déposé, hier à la sous-préfecture, ils demandent « une prime de départ de 50 000 euros (prime de licenciement et prime extra-légale) en cas de départ volontaire ou non ». « Nous voulons également l’application de la convention collective de la métallurgie du Pas-de-Calais pour ce qui est des critères de licenciement en favorisant les départs volontaires sans restriction grâce à une prime de départ assez conséquente nous pourrions ainsi limiter les licenciements. »

Sauver l’emploi

95 % des salariés selon les syndicats, 50 % selon la direction (qui n’a pas souhaité faire de commentaires sur ce mouvement de protestation), défilaient donc pour tenter de sauver l’emploi. « Certes, le patron nous dit que ce ne sont pas des suppressions d’emploi mais 76 suppressions de postes, poursuit André Mocci, délégué CGT. Il joue avec les mots ! Quoi qu’il en soit ce sont des familles entières qui seront touchées. » « On nous dit également que cinq mutations pourront être effectuées, mais qui peut partir comme ça à Metz ou Agen ? », ponctue le délégué UNSA. En bout de cortège, Désiré, un prêtre-ouvrier de 83 ans, qui travaillait aux laminoirs de Lens, suit le mouvement malgré la chaleur, « par solidarité ». À ses côtés, Josette et Jean-Pierre, retraités : « Nous sommes avec eux. Il faut tout faire pour sauver l’emploi. » Vendredi, Jean-François Durisotti, président de la société, devrait recevoir les représentants syndicaux.

La voix du Nord le 29/04/2010


Sallaumines : l’intersyndicale conteste les 76 suppressions de postes chez Durisotti

A l’appel de l’intersyndicale CGT-UNSA, les salariés du carrosier constructeur Durisotti prévoient de manifester ce mercredi dans les rues de Sallaumines et Lens.

Ils se rendront à la sous-préfecture de Lens pour y remettre un cahier de doléances.

Les salariés, lors d’une assemblée générale qui s’est tenue ce lundi soir, n’admettent pas les propositions de la direction, qui prévoit de supprimer 76 postes d’ici fin juin, sur un effectif actuel de 440 personnes.

« La direction propose une prime de 15000 euros, augmentée en fonction de critères d’âges, et définit les personnes licenciées en fonction de critères avec lesquels nous ne sommes pas d’accord », explique William Wolgusiak (Unsa).

« Il faut alerter sur ce qui se passe chez Durisotti », poursuit le syndicaliste, arguant que « le climat se dégrade et (que) le mouvement se durcit ».

Le groupe familial invoque la crise et la baisse des commandes. « La crise a bon dos », estimait Omar Bouyerden (CGT) fin mars, rappelant que l’entreprise avait bénéficié du plan de relance de l’Etat, qui lui avait confié des commandes pour la gendarmerie et la police.

Groupe familial, Durisotti s’est fait un nom dans l’aménagement et la transformation de véhicules pour artisans, une activité qui demeure. Le groupe a ensuite décroché d’importants marchés chez les grands corps d’Etat (police, gendarmerie...) et les entreprises publiques (EDF, France Telecom, La Poste...). Il a aussi pris une envergure internationale, en décrochant des contrats auprès des constructeurs européens. En vingt ans, elle a connu une forte croissance.

Le groupe compte cinq unités de production, dont celle du siège à Sallaumines, et un réseau de plus de 50 agents. Durisotti réalise un chiffre d’affaires d’environ 70 millions d’euros.

En décembre, les actionnaires de la société ont décidé de porter le capital de celle-ci de quatre à dix millions d’euros. « Cette opération traduit la confiance qu’ont les dirigeants et actionnaires dans la pérennité de la société et dans sa capacité à faire face aux difficultés conjoncturelles qu’elle traverse actuellement. Ils lui donnent, par la même occasion, les moyens financiers d’y faire face et les ressources pour saisir toute opportunité de développement qui pourrait se présenter à elle », selon un communiqué de l’entreprise.

Nord éclair

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