PTPM (Marne) : un chef d’entreprise séquestré depuis lundi

Mercredi 28 avril 2010, par cclpv // PTPM

Le directeur du fabricant de tissus pour automobiles PTPM, à Aÿ (Marne), est retenu depuis lundi soir dans son usine. Il a passé la nuit dans un bureau de l’entreprise, avec sa directrice des ressources humaines et l’avocat du groupe Trèves (propriétaire de PTPM).

« On leur a monté des chutes de tissu pour qu’ils s’en fassent des lits de fortune.
Ce matin, on les a vus au réveil, ils ont pris un café et ils sont repartis dans leur bureau », a de son côté expliqué Alain Hamou, délégué du personnel au comité d’entreprise. « On essaie de leur faire apporter de quoi se changer, se raser », a confié de son côté une porte-parole de Trèves.

Menace d’incendie

Les salariés ont bloqué les accès aux bureaux avec des containers et ont disposé autour du bâtiment des rouleaux de mousse qu’ils menacent d’incendier si les dirigeants de l’entreprise tentent de quitter les lieux.

Des « discussions » ont eu lieu dans la soirée entre l’avocat de Trèves et l’avocate des salariés, Maître Caroline Substelny, pour tenter de mettre fin à la séquestration, sans succès. « On ne négocie pas sous la contrainte », a affirmé la porte-parole du groupe. « Pour l’instant, il n’y a pas de nouveau rendez-vous de pris. Le blocage se poursuit », a indiqué Alain Hamou.

Les revendications

Le personnel exige « la cession de l’usine pour un euro symbolique à tout investisseur ou à la ville d’Aÿ et une indemnité de compensation pour le préjudice subi de deux millions d’euros, afin de favoriser la mise en oeuvre de tous projets industriels ».

Trèves avait annoncé en avril 2009 la fermeture de deux sites du groupe en France, celui d’Aÿ et celui de la Sodimatex, à Crépy-en-Valois (Oise). Depuis cette annonce, les quelque 130 salariés de PTPM, sous-traitants de PSA, ont multiplié les actions en justice pour faire annuler et suspendre les différentes procédures de licenciement.

Le Parisien 27/04/2010


Les salariés de PTPM se fâchent

« On a été bien gentils depuis des mois et des mois, mais maintenant, il faut vraiment que la direction et le gouvernement arrêtent de nous prendre pour des cons. » Chez PTPM, l’usine d’Ay (Marne) condamnée à la fermeture par le groupe automobile Trèves malgré 55 millions d’euros d’aides publiques versées, l’année dernière, par le fonds de modernisation des équipementiers automobiles (FMEA), Stéphane Levasseur, secrétaire adjoint CGT du comité d’entreprise, synthétise la situation  : depuis lundi, deux dirigeants de PTPM et l’avocat du groupe Trèves sont retenus par les salariés dans leur usine. « Ces derniers jours, on avait eu des réunions avec la direction et, comme toujours, à toutes nos questions, sur tous nos projets, ils opposent toujours des refus catégoriques, déplore le syndicaliste. On a senti qu’on devait passer à autre chose car on voit bien qu’il n’y a qu’avec les actions plus dures qu’on arrive à se faire entendre. On pose des questions au gouvernement, on réclame une poursuite de l’activité, une réindustrialisation, et tout le monde fait le dos rond  ! »

Les « PTPM » continuent de défendre les 130 emplois. Ils exigent du groupe Trèves « la cession pour un euro symbolique » des locaux à tout investisseur ou aux collectivités locales. Et ils entendent obtenir « une indemnité de compensation pour le préjudice subi de 2 millions euros afin de favoriser la mise en œuvre de tout projet industriel possible ». Hier, Christian Estrosi, ministre de l’Industrie, maintes fois interpellé par les salariés qui dénoncent le « détournement de fonds publics » ou la délocalisation d’une partie de leur production en Roumanie, continuait de défendre mordicus l’attitude du groupe Trèves. Depuis lundi, les salariés de l’usine d’Ay, dans la Marne, retiennent deux de leurs patrons.

l’Humanité le 28/04/2010

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