Manifestation au siège de PSA contre la fermeture du site de Melun

Mercredi 21 avril 2010, par cclpv // PSA

Quelque 200 salariés de PSA Peugeot Citroën ont manifesté leur mécontentement mardi devant le siège du groupe automobile à Paris, où la direction devait confirmer la fermeture du site de Melun-Sénart (Seine-et-Marne) dans le cadre d’un plan de mobilité.

Rassemblés autour de drapeaux CGT, FO, CFDT, CFTC, CFE-CGC, avant la tenue d’un comité central d’entreprise (CCE), ils ont réaffirmé leur opposition à la fermeture de ce dépôt de pièces détachées employant quelque 400 personnes, dont la direction souhaite transférer l’activité à Vesoul (Haute-Saône) d’ici 2012.

Une des affiches brandies indiquait "Horizon 2012, entre chômage et tout quitter, que dois-je faire ?".

"On ne va pas se laisser enterrer vivant, ce qui se passe à Melun, c’est dégueulasse, la direction a touché l’argent de l’Etat et met 400 personnes à la rue", a lancé à l’AFP Jean-Pierre Mathieu, délégué CGT.

Renault et PSA Peugeot ont touché 3 milliards d’euros de prêts de l’Etat début 2009 au titre de l’aide au secteur automobile en difficulté en temps de crise.
Cette fermeture de site s’inscrit dans une baisse des effectifs globaux du groupe en France qui étaient de 104.000 salariés en 2009. Elle intervient aussi alors qu’un plan de départs volontaires lancé en janvier 2009 et clos fin mars 2010 a concerné 5.700 personnes.

L’annonce officielle devait intervenir lors du CCE mais les syndicats et la direction ont confirmé la nouvelle le 13 avril, après une fuite dans la presse.
Le porte-parole du gouvernement Luc Chatel avait alors souligné que "l’ensemble de ses salariés vont se voir proposer une solution en interne et l’activité va être rapatriée sur le site de Vesoul (Haute-Saône) qui est le plus grand site de pièces détachées en Europe".

Pour la CFTC, majoritaire à PSA Melun Sénart et qui veut y "préserver une activité suffisante et économiquement viable", la priorité, c’est que "chaque salarié (du site) ait un emploi demain".

Le syndicat, qui a donné un avis défavorable lors du CCE, souhaite par ailleurs que "l’actuel PREC (projet de redéploiement des emplois et des compétences) soit prolongé en bénéficiant d’améliorations financières".

Le secrétaire général adjoint du syndicat, Joseph Thouvenel, présent sur place, s’est dit confiant quant "au volontariat et à la progressivité" des reclassements à venir. "Ce n’est pas +on ferme on vous mute+", a-t-il expliqué à l’AFP.
De leur côté, CGT et CFDT sont sur une ligne plus protestataire et revendicative.

"A Melun, on nous a floué pendant des années", a expliqué Jean-Michel Le Guellaud, employé depuis 7 ans et syndiqué CFDT, évoquant deux vagues de diminution d’activité mises en place par la direction en mars et septembre 2009. "J’ai le choix entre prendre le départ avec 18.000 euros c’est-à-dire des miettes, ou partir à Vesoul alors que ma femme travaille à Melun et que je rembourse un emprunt immobilier", a-t-il ajouté.

"La direction évoque la concurrence des réseaux de distribution de pièces détachées mais c’est incohérent, nous somme dans le vert partout" (à Melun Sénart), selon Boubacar Thiero, délégué CFDT du site.

Après deux heures de manifestation, une vingtaine de syndiqués CFDT sont restés, massés devant le siège de Peugeot PSA avec drapeaux et gilets siglés, en attendant la fin de la réunion.

Le Parisien 20/04/2010


« Chez PSA, on se croyait en sécurité »

Les salariés du site PSA de Melun-Sénart (Seine-et-Marne) ont crié hier leur colère devant le siège du groupe, où se tenait le CCE sur la fermeture de l’établissement.

« En deux lignes la semaine dernière, PSA a balayé trente ans d’efforts des salariés », commente, écoeuré, Patrick Champagnac, délégué CFDT, à propos de la fermeture du site de Melun- Sénart, confirmée mardi dernier par le groupe. Hier, une centaine de salariés de ce site de pièces de rechange, soutenus par des dizaines de collègues des usines Peugeot ou Citroën d’Île-de-France, sont venus crier leur colère sous les fenêtres du siège du groupe, avenue de la Grande-Armée à Paris. Tandis qu’à l’intérieur, au cours d’une réunion extraordinaire du comité central d’entreprise, la direction devait présenter officiellement son projet de fermeture.

400 SALARIÉS SUR LE CARREAU

Le plan est connu : PSA veut regrouper sa logistique des pièces de rechange sur son site de Vesoul en Haute-Saône, et fermer Melun, jetant sur le carreau les 400 caristes et préparateurs de commandes qui y travaillent et créant seulement 100 nouveaux emplois à Vesoul. « Pas besoin d’avoir fait Maths sup pour voir que ça ne fait pas le compte », lance au micro Michel Bourdon, représentant CGT au CCE. « L’unique raison de ce plan, c’est la rentabilité financière, c’est de faire faire le même travail par moins de salariés. » « Pas question de se laisser enterrer vivants, il va falloir se battre », appuie Jean-Pierre Mercier, délégué syndical CGT.

« LE RECLASSEMENT ? DE LA FUMISTERIE. »

Si PSA claironne qu’il n’y aura pas de licenciements et que les 400 salariés seront reclassés, les intéressés ne sont pas dupes : « D’un côté, la direction nous parle de mobilité, mais de l’autre, elle dit que tous ses sites sont en sureffectif et elle prépare six mille suppressions d’emplois par départs non remplacés », souligne Younès Mekideche, délégué CGT à Melun. « Le reclassement ? C’est de la fumisterie. Il y a déjà eu deux plans de mobilité. Donc ceux qui sont encore là, c’est qu’ils ne peuvent pas partir, parce qu’il y a la maison à payer ou parce que le conjoint perdrait son emploi », renchérit Patrick Champagnac (CFDT).

Houria, cinquante-trois ans, préparatrice de commandes, dit qu’elle et ses collègues sont « fous de rage ». « Avant j’étais intérimaire. Le jour où j’ai signé mon CDI chez PSA, c’était un des plus beaux jours de ma vie. On croyait qu’on était en sécurité dans cette entreprise, on a pris des crédits pour la maison et maintenant, on va se retrouver au chômage. À nos âges, on ne retrouvera rien. » L’an dernier, deux cents collègues sont partis « au volontariat ». « Soi-disant ils avaient un projet personnel comme une création d’entreprise ou un emploi ailleurs, mais les papiers étaient bidon », raconte une salariée. « Ils ont été attirés par la prime de 20 000 ou 30 000 euros, et maintenant ils regrettent, ils sont dans la galère ! » Un cariste de trente-sept ans tient à dire qu’il n’achètera plus jamais de voiture Peugeot : « Je ne vais pas faire le bonheur d’une entreprise qui fait mon malheur ! Cette fermeture est prévue depuis longtemps, on parlait déjà de regroupement avec Vesoul quand je suis arrivé en 1994. Mais là, PSA a profité de la crise pour passer à l’acte. »

l’humanité le 21.04.10

info portfolio

Répondre à cet article