Fermeture de PSA : Moissy sous le choc

Jeudi 15 avril 2010, par nico // PSA

L’annonce officielle de la fermeture définitive d’ici à 2012 du centre de stockage de PSA sape le moral des 400 salariés mais aussi de toute la ville.

« Dégoûté ». « Pas le moral ». « Choqué ». Hier, les 400 salariés de PSA Peugeot Citroën à Moissy-Cramayel se sont rendus au travail le pied lourd et le coeur amer. L’annonce officielle, la veille, de la fermeture du centre de stockage de pièces détachées automobiles ouvert en 1978 a sonné comme un coup de tonnerre.

Tous devront quitter le site d’ici à 2012 pour intégrer un autre site PSA, comme Vesoul (Haute-Saône) ou être reclassé. Peugeot s’est engagé à recourir à la mobilité interne au rythme de 170 reclassements par an.
En ville, les habitants s’inquiètent : « C’est un coup dur pour Moissy : 400 emplois en moins, des familles qui doivent déménager, des conjoints pas sûrs de retrouver du boulot… » confie une Moisséenne. Devant les grilles du site, hier, les salariés accusent le choc : « Je travaille ici depuis dix ans. J’avais connu deux licenciements économiques dans mes entreprises précédentes. En arrivant là, je pensais être tranquille car Peugeot est une grande maison », se désole Philippe, un salarié de 48 ans. Il faut dire que c’est la première fois que PSA ferme un site en France. Depuis la semaine dernière, un psychologue vient une fois par semaine pour soutenir le personnel.

« Ce site est rentable et largement concurrentiel par rapport à Vesoul. Je suis dégoûté, j’ai un pavillon à payer à côté », lâche Franck Burle, un autre salarié. Même colère pour son collègue Elyamani Boussouffa, 57 ans : « A mon âge, je ne peux pas aller à Vesoul et diviser ma famille en deux ! »
Avec la disparition de PSA à Moissy, Sénart perd non seulement l’un de ses principaux employeurs mais aussi son deuxième contributeur de taxe professionnelle, après la Snecma. Peugeot versait 1,815 M € chaque année à la ville nouvelle. Juste à côté de PSA, le transporteur Gefco aussi fait grise mine : « On perd un client important. Nos six salariés vont devoir être reclassés. » Dès hier, Jean-Jacques Fournier, son président, également maire de Moissy (PS), et l’EPA Sénart ont lancé une étude pour la future reconversion du centre, qui dispose de 156 000 m 2 de locaux : « Il bénéficie d’une situation exceptionnelle que nous devons pouvoir exploiter. Je me refuse à envisager pour ma commune le spectre d’une telle friche industrielle. » Pour les syndicats, pas question d’envisager la reconversion : « Ce site a une pertinence. Il est rentable », assure Patrick Masson, délégué CGT-Métallurgie en Seine-et-Marne. Certains tentent de positiver : « Mes voisins y travaillaient, raconte une habitante de Moissy. Ils ont accepté de partir à Vesoul il y a six mois. Mais Peugeot a bien compensé financièrement : grosses primes, aide au déménagement, etc. La direction a largement récompensé leur mobilité. ».

Le Parisien le 15.04.10


PDF - 51.4 ko
déclaration CGT PSA au CCE du 20 avril contre le projet de fermeture du site de Melun

Répondre à cet article