La grève se durcit chez Gima

Jeudi 15 avril 2010, par nico // Gima

Le climat s’est un peu plus tendu, hier, à l’usine Gima (près de 1000 salariés), à Beauvais, qui fabrique les transmissions pour les tracteurs Agco, sur le même site, et Claas, au Mans (Sarthe). Déclenché vendredi dernier à l’appel de la CGT à l’occasion de la négociation salariale annuelle, le mouvement de grève se durcit.
« Nos revendications sont logiques, affirmait hier matin Joël Hardy, délégué syndical CGT. Nous demandons une augmentation de 4% des salaires, la direction nous propose 1,7% plus 0,5% au mérite. Ça fait un billet de 12 € par mois quand la mutuelle de l’entreprise a augmenté de son côté de 5 € ! » Et le représentant syndical d’ajouter : « Il n’y a déjà pas eu d’augmentation en 2009. On n’a pas bougé parce qu’on avait bien conscience du contexte de crise économique mais, aujourd’hui, ça suffit ! » Comme ils l’avaient déjà fait la veille, plusieurs dizaines de salariés ont manifesté leur mécontentement devant l’usine, une bonne partie de la matinée, bloquant ainsi la circulation sur l’avenue Blaise-Pascal, dans la zone industrielle numéro deux. Ils étaient de nouveau dans la rue dans l’après-midi après l’échec de la reprise des négociations avec la direction. « Les salariés ont catégoriquement refusé les nouvelles propositions soit 2,2% d’augmentation générale au 1er mai, explique Joël Hardy. La grève continue ! » Conséquence : ne disposant plus des transmissions nécessaires à la production des tracteurs, Agco est au chômage technique depuis hier. D’autre part, les négociations en cours sur le plan de départs volontaires prévoyant la suppression de 169 postes pourraient être perturbées. L’organisation d’une réunion prévue aujourd’hui pour demander l’avis du CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) sur le projet pourrait être compromise.

Le Parisien le 14.04.10


Gima la tension monte

La tension est encore montée d’un cran, hier, chez Gima, fabricant de transmissions pour tracteurs, basé à Beauvais. Débuté vendredi dernier à l’appel de la CGT, dans le cadre de la négociation salariale annuelle, le mouvement s’est prolongé jusqu’au milieu de l’avenue Blaise-Pascal, dont la circulation a été bloquée par 150 manifestants.
Le mouvement pourrait s’enliser. « Pas question de plier bagage. La direction nous a proposé 2,2% au lieu de 1,7% mais c’est encore loin de ce que nous demandons. » La CGT revendique une augmentation générale de 4%. « En 2009, nos salaires n’ont pas bougé, ce n’est pas exorbitant », lâche un délégué.
Hier, face au durcissement, la direction Gima a tout simplement retiré sa dernière proposition. « Une provocation, fulmine-t-on à la CGT. Dès demain matin (NDLR : ce matin), nous rebloquerons la circulation. »
De l’intérieur du site, la direction de Gima estime avoir été trompée et dénonce « un marché de dupes ». « Il ne faut pas perdre de vue que, l’an passé, nous avons tout de même accusé 22 millions d’euros de pertes opérationnelles. C’est considérable, et la crise n’est pas finie. »
d’autres entreprises du secteur touchées
Par effet domino, les conséquences de cette grève se font directement ressentir chez le voisin Agco, fabricant de tracteurs Massey Ferguson, Fendt et Challenger, qui aura recours au chômage partiel aujourd’hui et demain. Même chose chez Claas, dans la Sarthe. « Vu le climat, les négociations salariales ont été repoussées à la semaine prochaine », explique la direction.

Le Parisien le 15.04.10

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