Grève pour l’emploi à l’Urssaf de Paris

Mardi 13 avril 2010, par nico // Urssaf

Les syndicats protestent contre la 
suppression de 390 postes d’ici à 2013.
Toujours plus de missions, toujours moins de personnel, c’est ainsi que peut se résumer la situation pour les employés de l’Urssaf, l’organisme chargé de la collecte des cotisations de la Sécurité sociale. Aujourd’hui, l’ensemble des syndicats de l’Urssaf de Paris, qui couvre toute l’Île-de-France sauf la Seine-et-Marne, appellent à la grève pour protester contre de nouvelles suppressions d’emplois.

Début avril, l’État et l’Acoss – la caisse nationale des Urssaf – ont signé une convention d’objectif et de gestion (COG) qui se traduirait par la suppression de 390 postes au niveau national sur un effectif de 13 700. « Mais la direction a précisé que l’essentiel des suppressions concernerait l’Urssaf de Paris, qui emploie 2 700 personnes », précise Marie-Martine Salvignac, secrétaire générale de l’UGICT-CGT à l’Urssaf de Paris, basée à Montreuil. « Cela représente plus de 10 % de nos effectifs, alors que déjà nous n’arrivons pas à effectuer la totalité de nos missions. » Sur dix ans, par non-remplacement des départs en retraite, l’Urssaf de Paris a déjà perdu 300 postes, tandis que les missions s’alourdissaient avec la création du RSI (le régime social des indépendants) et de l’autoentrepreneur.

Au 1er janvier 2011, les Urssaf vont aussi se charger de la collecte des cotisations d’assurance-chômage, jusque-là effectuée par Pôle emploi. Alors que 1 200 agents s’en occupaient à Pôle emploi, l’Accos a prévu seulement 220 embauches au niveau national. « Les conditions de travail sont déjà très difficiles du fait du sous-effectif, explique Marie-Martine Salvignac. Il arrive régulièrement que des collègues pleurent pendant le travail. » Le CHSCT de l’Urssaf de Paris a obtenu une enquête sur les risques psycho-sociaux qui devrait démarrer en mai.

Fanny Doumayrou

Humanité le 13 avril 2010


L’Urssaf en grève contre les suppressions de postes

Les employés de l’Urssaf-Paris craignent d’être bientôt débordés. Ils sont en grève aujourd’hui pour dénoncer des réductions d’effectifs et des conditions de travail qui se dégradent.

L’Urssaf (Union de recouvrement des cotisations de Sécurité sociale et d’allocations familiales) a pour but de collecter les cotisations salariales et patronales destinées à financer le régime général de la Sécurité sociale.
Le site de Montreuil (Seine-Saint-Denis), qui gère le recouvrement pour toute l’Ile-de-France excepté la Seine-et-Marne, devrait voir 390 postes sur 2720 disparaître d’ici trois ans. Aucun licenciement n’est prévu, mais des départs en retraite ne seront pas remplacés.

« C’est inacceptable. D’autant que cette annonce intervient alors que de nouvelles missions nous sont données », déplore une employée. Dans le cadre de la fusion ANPE-Assedic, le recouvrement des cotisations Pôle emploi va en effet être confié à l’Urssaf dès le 1er janvier 2011.
La charge de travail supplémentaire pour les employés de l’Urssaf pourrait donc être considérable : « Le recouvrement pour le compte de l’assurance chômage mobilise aujourd’hui 1200 personnes en France. Quand la mission sera confiée à l’Urssaf, seulement 220 personnes en seront chargées », précise Marie-Martine Salvignac (UFICT-CGT).

Par ailleurs, d’après plusieurs employés, bon nombre d’agents de l’Urssaf Paris seraient déjà débordés en raison d’un système informatique obsolète et d’effectifs depuis longtemps insuffisants. « Les gens craquent. Ils sont de plus en plus nombreux en état de dépression et, pour la première fois, certains salariés parlent de suicide », confirme Thierry Sellier, délégué CGT-Urssaf.
La détérioration des conditions de travail pourrait conduire à une dégradation des services rendus aux assurés sociaux. Il y a plusieurs mois, certains centres d’accueil envisageaient de fermer plusieurs jours pour la mise à jour des dossiers en retard. La décision avait été annulée devant la colère des salariés.

Contacté hier soir, Vincent Ravoux, directeur général de l’Urssaf Paris, n’a pas souhaité faire le moindre commentaire.

Le Parisien le 13.04.10

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1 Message

  • Vu que les salariés de l’Urssaf ne gèrent plus les Ducs (informatisées), ni les règlements (informatisés), ni les litiges (basculés automatiquement vers des huissiers), ni les travailleurs non salariés (basculé vers le RSI), le risque de sur-effectif n’est-il pas réel ?

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