Grève contre le plan social chez Givaudan

Samedi 10 avril 2010, par nico // Givaudan

« Usine en grève ! » La banderole affichée à la grille d’entrée de l’entreprise Givaudan à Argenteuil, spécialisée dans la production et la recherche en parfumerie, donne le ton. Ils étaient 200, selon les représentants du personnel, 80 selon la direction, à avoir manifesté tout au long de la journée d’hier.
Ces salariés de Givaudan réclament l’annulation du plan social que la direction souhaite mettre en place. « Ce plan va entraîner la suppression de 46 postes, dont 43 sur le site de production d’Argenteuil », détaille Stéphane Breheret, délégué du personnel CFDT. « Givaudan est le leader mondial du parfum. Au vu des très bons résultats du groupe au premier trimestre 2010, nous ne comprenons pas pourquoi la direction instaure ce plan social. Une fois de plus, ce sont les employés qui trinquent au profit des actionnaires », glisse, un brin agacée, une salariée.

Les premiers licenciements annoncés en novembre

« Ce n’est pas normal, peste un autre employé. L’objectif de ces licenciements est uniquement de renchérir le groupe. Cela n’a rien à voir avec les raisons économiques invoquées par la direction. » Une analyse totalement contestée par la direction de Givaudan. « La situation économique en 2008-2009 a entraîné une baisse générale des volumes de production de la parfumerie, explique Dominique Legivre, directeur des opérations Europe du groupe. Ce plan permettra de sauvegarder la compétitivité de Givaudan sur un marché de plus en plus contraignant, en réduisant ses coûts et en optimisant ses capacités de production en Europe. » Pour ce responsable, les résultats du premier trimestre 2010 sont effectivement meilleurs qu’au premier trimestre 2009. « Mais cela s’explique par les résultats très faibles obtenus à ce moment-là », défend-il. Le plan social devrait être effectif dès octobre. Les premiers licenciements devraient donc être annoncés début novembre. « Nous allons essayer de trouver une solution (NDLR : de reclassement) à la majorité des personnes concernées par ces suppressions de poste », assure la direction. Les syndicats ont d’ores et déjà prévu qu’ils « ne lâcheront pas » leur combat.

Le Parisien Le| 10.04.2010

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