Des salariés menacent d incendier leur entreprise dans le Var

Lundi 12 avril 2010, par nico // Poly Implant Prothèse

L’entreprise PIP, qui emploie une centaine de salariés, a été mise en liquidation judiciaire le 30 mars par le tribunal de commerce de Toulon.
Les salariés de la société Poly Implant Prothèses (PIP), dans le Var, ont menacé samedi de mettre le feu aux locaux de leur entreprise placée fin mars en liquidation judiciaire. Une trentaine de personnes occupe les lieux depuis vendredi, à la Seyne-sur-Mer.

Les salariés affirment avoir disposé des produits inflammables devant l’entreprise et être prêt à y mettre le feu si les forces de police tentent de les déloger. Ils exigent un rendez-vous à la préfecture et veulent obtenir des "indemnités de licenciement décentes", a-t-on appris de sources syndicales. Selon un porte-parole de la préfecture du Var, une délégation sera reçue lundi.
L’entreprise PIP, qui emploie une centaine de salariés, a été mise en liquidation judiciaire le 30 mars par le tribunal de commerce de Toulon. L’ex-numéro 3 mondial de sa catégorie était en proie depuis plusieurs mois à des difficultés financières et accusait un déficit de 9 millions d’euros au moment de sa liquidation.

L’entreprise varoise est également soupçonnée d’avoir commercialisé depuis 2006 des implants mammaires défectueux et non conformes à la réglementation. Le parquet de Marseille a ouvert le 23 mars une enquête préliminaire pour "faux et usage de faux, publicité mensongère et tromperie sur les qualités substantielles d’un produit, mise en danger de la vie d’autrui". L’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a demandé le "retrait des implants mammaires pré-remplis de gel de silicone" fabriqués par la société varoise. Les visites de l’organisme effectuées dans les locaux de la société entre le 16 et 18 mars ont aussi permis d’établir que le gel utilisé par PIP était différent de celui déclaré lors de la mise sur le marché.

LEMONDE.FR le 11.04.10


Des salariés menacent d incendier leur usine d implants mammaires

LA SEYNE-SUR-MER (VAR)

Après ceux de Sodimatex, c’est au tour des employés licenciés de Poly Implant Prothèse (PIP) de menacer d’incendier leur usine. Depuis samedi, des bidons de produits inflammables sont disposés à l’entrée de cette entreprise de la Seyne-sur-Mer (Var). Spécialisée dans la fabrication d’implants mammaires, PIP a été placée en liquidation judiciaire le mois dernier.
Surtout, l’Afssaps, l’autorité des produits de santé, a retiré du marché les prothèses en gel de silicone qu’elle fabriquait après avoir constaté une fraude sur la matière première. Une enquête est d’ailleurs en cours à Marseille.
En attendant, les salariés occupent le site jour et nuit et réclament un « engagement fort de l’Etat pour les aider ». Ils souhaitent s’entretenir avec le préfet du Var dès aujourd’hui, afin d’obtenir l’assurance qu’ils auront des indemnisations suffisantes. « On veut entre 10 000 et 15 000 € pour chaque personne licenciée et la nomination d’un médiateur », martèle Eric Mariaccia, représentant CFDT. « Jusque-là, on est restés dans la légalité, mais ça n’a abouti à rien. Alors on est prêts à tout pour se faire entendre… même au pire », embraye l’un des 117 salariés licenciés.

Devant le siège de PIP, des centaines de prothèses brûlent au milieu des palettes de bois et des pneus. Non loin de là, des policiers se relaient sur les lieux mais prennent soin de rester à bonne distance des salariés en colère. « Des propositions seront faites aux représentants du personnel », assure-t-on à la préfecture, ajoutant qu’un « effort tout particulier de l’Etat sera fait en matière d’aide à la reconversion et à la formation. Des mesures exceptionnelles qui compléteront les aides habituelles ».

Une annonce qui ne semble pas apaiser les esprits. « Comment voulez-vous que je me reconvertisse à 50 ans ? s’interroge un technicien. On nous disait qu’on était les meilleurs dans notre catégorie et, du jour au lendemain, tout s’arrête. Les dirigeants s’en vont et nous, on reste sur le carreau. »

Le Parisien le 12.04.2010

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