A nos camarades en lutte contre les licenciements

Samedi 12 septembre 2009, par cclpv // General Motors

A nos camarades en lutte contre les licenciements.

Tout d’abord, nous remercions la CGT Ford pour l’invitation à cette journée qui s’annonce riche en discussion et en festivité. Malheureusement, nous n’avons pas pu être présents aujourd’hui. Mais nous nous rencontrerons le 17 septembre 2009 à Paris.

Actuellement, nous sommes 1200 employés à GENERAL MOTORS. Début 2008, nous étions 1400. Juin 2008, il y a eu un plan de licenciement (ils appellent ça un plan de sauvegarde de l’emploi). 168 salariés ont été licenciés, et plus d’une trentaine de salariés étaient partis hors plan. En septembre 2008, GM corporation annonce la vente de l’usine de Strasbourg. Un an plus tard, nous ne savons toujours rien à ce sujet (il y aurait trois repreneurs potentiels selon les dires de la direction, mais aucune info sur l’identité, ce qui ne présage rien de bon). Puis arrive le recours au chômage partiel : 19 jours de chômage partiel entre octobre et décembre 2008 et environ 35 jours pour le premier semestre 2009. Depuis ces différents événements, nous avons mobilisé le personnel par des réunions d’informations puis par des manifestations, dont celle du 28 octobre 2008. Près de 500 employés de GM ont pris part à cette manifestation, nous avons aussi eu le soutien des entreprises voisines et de la délégation CGT Ford. Avec 200 employés, nous avons secoué une réunion de CE durant une dizaine de minutes en réclamant le paiement à « 100% » les indemnités de chômage. Le DRH à céder sur 10% supplémentaire aux indemnités légales. Lors des manifestations nationales de janvier, de mars et du premier mai, 200 travailleurs de General Motors étaient présents malgré la difficulté à mobiliser pendant les périodes de chômage. Nous avons également créé en début d’année, un collectif de travailleurs (une quarantaine de personnes) dans le but de trouver des actions à mener mais aussi d’avoir un relais plus important dans les ateliers pour expliquer la situation.

Au retour des congés mi-août, la production augmente soudainement, au point où les RTT seront travaillées, voir des samedis, mais ceci jusqu’à la fin de l’année. Nous avons récupéré la production d’une usine aux Etats-Unis, le temps qu’une autre usine au Mexique soit prête à reprendre la production. Et après ? en 2010 ? Nous ne nous faisons pas d’illusions, ils nous préparent quelque chose. Puis, pour faire passer la pilule, la direction nous balance une peau de banane. Elle nous gratifie d’une augmentation générale de 1,4 %, et 1,3% au mérite, suite à une mascarade de NAO avec l’aide des « partenaires sociaux », ceux qui endorment les gens et veulent casser la mobilisation. C’est pourquoi, nous continuons notre travail de discussion avec les travailleurs. Nous en faisons une priorité afin de les préparer pour la prochaine bagarre.

Mais nous avons la conviction qu’aujourd’hui, gagner une bagarre, faire reculer le patronat et le gouvernement ne se fera pas uniquement dans les usines.

Depuis le début de la crise et les annonces des fermetures, les luttes étaient souvent isolées. L’idée de fédérer ces luttes s’est également construite chez nous. Nous avons, dans notre région, soutenus les grèves de Lohr Industrie et de Steelcase contre les plans de licenciements et aussi soutenus des délégués en procédure de licenciement parce qu’ils sont de la CGT.

Mais vouloir fédérer est aussi une bagarre au sein même de la CGT. Nous sommes tous dans le même bateau face au patronat, aux actionnaires et à leur soif du profit maximal et qui utilisent sauvagement le chômage partiel et ferment les usines.

C’est pourquoi nous soutenons et adhérons à cette idée du collectif contre les licenciements afin de s’aider par nos expériences, nos idées, pour agrandir ce collectif et bien sûr être le maximum pour soutenir sur place les bagarres en cours et à venir.

Nous nous organiserons mieux pour être présent lors d’une prochaine rencontre et nous pourrons discuter de ceci le 17 septembre après la manif.

Nous adressons notre soutien aux représentations syndicales présentes aujourd’hui et à l’ensemble des travailleurs pour leurs luttes présentes et futures.

Vos luttes sont les nôtres.

Salutations fraternelles à tous les camarades

CGT GENERAL MOTORS STRASBOURG

Strasbourg, le 5 septembre 2009

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