Justice : l’Etat réclame 12 000 euros à six Conti

Jeudi 8 avril 2010, par nico // Continental

Derniers rounds pour les « Conti » ? L’avocate de l’Etat a demandé mercredi près de 12 000 euros de dommages et intérêts à six ex-salariés de l’usine Continental de Clairoix (Oise) condamnés au pénal à des amendes pour le saccage en avril 2009, de la sous-préfecture de Compiègne.

Dans sa plaidoirie devant le tribunal de grande instance de Compiègne, Me Julie Courtin a expliqué que si les dégâts étaient estimés au total à 52.662 euros, l’Etat a été indemnisé par son assurance à hauteur de plus de 40.000 euros. « Aujourd’hui je ne vous demande que le montant résiduel », soit 11.957 euros, a déclaré l’avocate, qui a également demandé au tribunal de condamner les salariés à verser 3.500 euros au titre des frais de justice. La décision a été mise en délibéré au 2 juin.

Plusieurs centaines de personnes devant le tribunal de Compiègne

Entre 400 selon la police et 1.000 personnes selon la CGT ont manifesté dans les rues de Compiègne depuis la gare pour rejoindre le tribunal, à la mi-journée, Le 21 avril 2009, quelque 200 ouvriers de l’usine de Clairoix avaient laissé éclater leur colère dans les locaux de la sous-préfecture de Compiègne après avoir appris le rejet par la justice de leur demande d’annulation du plan social.

Les six ouvriers avaient été condamnés au pénal en janvier à de simples amendes de 2.000 à 4.000 euros par la cour d’appel d’Amiens, échappant aux peines de prison avec sursis prononcées en première instance.

L’usine de Clairoix, qui employait 1.120 salariés, a été fermée début 2010. Après plusieurs mois de lutte, les ouvriers avaient décroché 50.000 euros d’indemnités extra-légales.

Le Parisien 07/04/2010




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Les Conti menacent de nouveau

C’est une nouvelle journée cruciale qui attend aujourd’hui les salariés de Continental, encore sous le choc de la proposition de reclassement de la direction, qui a proposé 60 postes d’opérateurs dans sa filiale de Bizerte en Tunisie à la moitié des 1120 ex-salariés. Un emploi rémunéré 137 € par mois !

Cette proposition a été ressentie comme une véritable provocation et une humiliation par les ouvriers.

Ce matin, les délégués syndicaux ont un rendez-vous téléphonique avec la direction du manufacturier de pneumatiques allemand. Objectif : faire annuler le prochain comité central d’établissement extraordinaire prévu le 9 avril à Metz, au cours duquel la direction compte faire accepter la validité du motif économique pour justifier la fermeture de l’usine de Clairoix.
« Inacceptable » pour Xavier Mathieu, délégué CGT et figure de proue de la lutte. Ce dernier, salarié protégé comme 49 autres de ses ex-collègues, a reçu la lettre lui signifiant son licenciement lundi. Un courrier signé de l’inspection du travail qui valide le principe de la fermeture pour motif économique.

« C’est un scandale pur et simple. Pendant des mois, les ministres ont dit : C’est scandaleux de fermer Continental, et aujourd’hui, par le biais du ministère du Travail, ils donnent raison à la direction », s’indigne Xavier Mathieu. Car cette reconnaissance de fait empêche les salariés licenciés d’attaquer l’entreprise devant les prud’hommes à titre individuel pour contester leur licenciement et obtenir des indemnités supplémentaires. Une trentaine d’ex-Conti envisagent de saisir la justice, ce qui incite sans doute la direction à vouloir passer en force et vite.

Selon cette dernière, « les motifs économiques des licenciements avaient été reconnus par les représentants syndicaux eux-mêmes » lors de l’accord de fin de conflit signé en juin dernier. Un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) qui garantit notamment une prime extralégale de 50000 € à chaque salarié. En attendant, les Conti se disent prêts à des actions coups de poing jusqu’à mercredi prochain, date à laquelle les six salariés condamnés à des peines d’amende pour le saccage de la sous-préfecture de Compiègne, survenu le 21 avril dernier, ont rendez-vous devant le tribunal civil. L’Etat réclame le remboursement des 63000 € de dégâts.

Le Parisien 31/03/2010

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