Les salariés de Sodimatex lèvent leur menace de faire exploser le site

Samedi 3 avril 2010, par cclpv // Sodimatex

Trêve pascale entre les salariés et la direction de Sodimatex à Crépy-en-Valois (Oise). Vers 3h20, cette nuit, un accord de méthode a fini par ête conclu. Les négociations sur le fond doivent reprendre mercredi en sous-préfecture de Senlis.

Les employés, qui s’étaient retranchés dans l’usine jeudi, menaçaient de faire exploser une citerne de gaz dans leur usine, dans le but d’obtenir de meilleures indemnités de départ.

« Ce n’est pas fini, aprévenu Patrick Testar (CFDT), de l’intersyndicale. Si mercredi on n’arrive pas à des avancées positives, on a bien précisé à notre préfet qu’on débranche juste le détonateur, c’est tout. » Une vingtaine de salariés ont passé une deuxième nuit sur place, avant une réunion prévue ce samedi.

Le maire de la ville, Arnaud Foubert (UMP), qui craignait un « acte désespéré », n’a pas caché samedi son soulagement de voir s’éloigner au moins provisoirement le spectre de l’explosion de cette citerne de près de cinq mètres de long, que les salariés menaçaient d’incendier depuis jeudi.

Des conditions « loyales » de négociations

Vendredi, peu avant 20 heures, les salariés avaient quitté très en colère la table de négociations entamées à la mi-journée. Ils ont finalement repris les discussions vers 22 heures, avant de trouver un accord fixant le cadre des négociations. L’enjeu de fond : les conditions de départ des 92 salariés du site, dont la fermeture est programmée depuis un an. Les salariés réclament notamment une prime extra-légale de licenciement de 21 000 euros, semblable à ce qu’avaient touché leurs collègues d’une autre usine Sodimatex fermée en 2006.

Des conditions « loyales » de négociations ont été trouvées, selon l’avocate des salariés, Me Caroline Substelny. Mais « il n’y a pas de négociations sur les montants pour le moment » a toutefois souligné l’avocat de la direction, Me François Farmine, qui indique en creux que si « le fil du dialogue » a repris, beaucoup reste à faire.

« On a bien précisé à notre préfet qu’on débranche juste le détonateur »

Deux commissaires aux comptes, un désigné par la direction et l’autre par le comité d’entreprise, doivent éplucher les comptes du groupe et se prononcer sur les demandes des salariés en matière d’indemnités de départ, a indiqué Hervé Mallet (FO), de l’intersyndicale. Un conciliateur recueillera les avis de ces deux commissaires et rendra ses conclusions que l’Etat s’est « engagé à favoriser », selon Hervé Mallet.

A plusieurs reprises depuis jeudi, les salariés en colère ont fait brûler des balles de fibres de plastique et des rouleaux de moquette qui dégageaient d’impressionnants panaches de fumée noire à l’extérieur de l’usine. Ils s’étaient retranchés dans l’usine après une intervention des forces de l’ordre qui avaient dispersé à l’aide de gaz lacrymogène une manifestation aux abords du site. Plusieurs dizaines de CRS étaient encore postés autour du site vendredi soir.

Le ministre de l’Industrie Christian Estrosi a condamné « l’attitude inacceptable d’une minorité », appelant l’ensemble des parties à une réunion de conciliation.

leparisien.fr 03/04/2010



Sodimatex : les salariés menacent de faire sauter une citerne de gaz
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1 Message

  • Quelques précisions sur le groupe Treve qui emploi les salariés de la SODIMATEX de Crépy-en-valois...C’est un extrait d’une lettre ouverte des députés et maires de l’oise qui interpellent Estrosi...très révélateur du cynisme patronal.

    SODIMATEX (groupe Trèves) a bénéficié, fin 2008, du soutien financier de l’Etat à travers 55 millions d’euros d’aides publiques (Fonds de Modernisation des Equipements Automobiles), afin de sauvegarder l’emploi et l’activité.

    Or, force est de constater que les 92 emplois de ce site sont aujourd’hui menacés, l’entreprise ayant annoncé la fermeture du site, et ce malgré la suspension du plan social par le TGI de Senlis et la Cour d’appel d’Amiens.

    Le cas est unique en France et mérite toute notre attention, tant la situation des employés est scandaleuse : l’entreprise préférant avoir recours à des sous-traitants plutôt qu’à ses propres salariés, et faisant tourner à perte l’entreprise (frais de structure et de personnel) pour près de 1 million d’euro par mois !

    "on parle souvent de la violence d’un fleuve, jamais de celle des rives qui l’enserrent" écrivait Brecht. Voici la réalité, voici la bonne façon de comprendre la violence des ouvriers de la SODIMATEX

    plus d’infos sur la déclaration des élus http://www.indicerh.net/veille-sociale/?q=node/941

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